‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 93 sur 307 · Liv. UI, chap. vin · texte numérisé non relu

Liv. UI, chap. vin

2. Voir particulièrement la fin du riiapitre sur les Cannibales termioé

par cette plaisante exclamation : i Mais quoy, ils ne portent pas de hauts de chausses! • (Voir p. 58 de nos Lxiraits.i

\02 ÉTUDIA SUR MONTAir.Nr:.

Voici les pi'olestanls formellement condamnés, en théorie du moins; il conçoit plutôt les libres penseurs que ces demi-révoltés s'arrètant à mi-cliemin. Point d'attaques contre les moines ou la vie des cloîtres; il n'en a pas souffert comme Luther, Erasme, Rabelais. Non que cette vie aille à .'^on esprit au fond très indépendant, mais le bonheur des dévols solitaires lui apparaît sous un jour riant et aimable. « Qui peut endjrnser son ame de l'ardeur de cette foy vifve et espérance, réellement et consL;imment, il se bastit en la solitude une vie voluptueuse et délicieuse, audelà toute autre sorte de vie*. » Cette existence calme, « sans travail de corps et d'esprit, » l'attire souvent; aussi ne se ferail-il ni trappiste ni bénédictin, mais il entrerait volontiers dans l'abbaye de Thélème, la seule qui convienne à son humeur indisciplinée ^ La religion de Montaigne est sincère, et même son orthodoxie absolue. Calcul ou conviction, il ne discule pas la foi; il imiterait volontiers Descartes qui la met dans une arche sainte, et, cela fait, alTranchit la raison. Il faut lire dans Montaigne le beau chapitre des prières* el son éloge du Pater nostre^ a qui dit tout ce qu'il faut, l'unique priera de quoy il se sert partout, la seule aussi qu'il a en mémoire. »

Mais de quelle plume il llétrit ce mélange de dévotion et de perversité et ces accommodements auxquels, malgré sa religion ou sa prudence, répugne sa conscience honnête : « Il faut avoir l'ame nette, au moins en ce moment auquel nous prions Dieu, et deschargee de passions vicieuses; autrement nous luy présentons nous mesmes les verges de quoy nous chastier : au lieu de rabiller nostre faulte, nous la redoublons, présentants à celui à qui nous avons à demander pardon, une affection pleine d'irrévérence et de haine. Voilà pourquoi je ne loue pas volontiers ceulx que je veois prier Dieu plus souvent et plus ordinairement, si

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