‹ Les Idées de Turgot La Décentralisation AdministrativeChapitre 25 sur 98 · PRE · texte numérisé non relu

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relomberait sans doute dans la servitude d’où il n’aurait jamais dû sortir ; en revanche la monarchie absolue serait remplacée par une oligarchie aristocratique. Cette constitution fait penser à celle de Sparte. On ne voit pas bien d’ailleurs ce qu’elle eût donné au xvu° siècle, alors que les Gaulois vaincus avaient formé une bourgeoisie très puissante et très éclairée. Mais, répétons-le, l’auteur de cette histoire, dont la valeur scientifique est fort contestable, n'avait pas la prétention de tracer un plan de gouvernement pratique et immédiatement réalisable : il faisait seulement entendre des plaintes, au nom de droits qui

allaient être au siècle suivant complètement anéantis.

Placé ainsi à la fin du xvu° siècle et au terme de cette revue des réformateurs qui ont apparu dans les dernières années de Louis XIV, Boulainvilliers fait un contraste plus frappant avec ceux qui vont suivre. Considérons le comme le plus acharné partisan des intérêts féodaux, qui seront au contraire battus en brèche par des nobles même dans le courant du xviu* siècle. Marquons également cette première étape de l’évolution des idées décentralisatrices, en constatant que jusqu'ici c’est à la pratique du moyen âge, à son régime de privilèges, que les réformateurs ont emprunté les tempéraments qu'ils jugeaient nécessaires à l’absolutisme royal. Ce sont les intérêts

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des provinces qu’ils ont défendus, dans la mesure où leur développement ne nuisait pas à l’intérêt national. Maintenant nous allons voir invoquer celui-ci en même temps, ou même avant ceux-là; la décentralisation cessera d’être régionaliste, elle s’opèrera moins suivant des traditions historiques que d’après des principes politiques ou scientifiques. Ce changement de point de vue s’accomplira peu à peu: Turgot en consacrera l'achèvement définitif.

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