‹ Les Idées de Turgot La Décentralisation AdministrativeChapitre 40 sur 98 · PRE · texte numérisé non relu

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remis et ne lui paraissaient pas suffisamment orthodoxes. Turgot eut à s’en plaindre (1), car Turgot qui n’admettait rien qu’il n’eût contrôlé et vérifié, ne voulait pas se laisser embrigader, et craignait la Physiocratie comme il fuyait l'Encyclopédie. « Il regardait toute secte comme nuisible... Du moment qu’une secte existe, tous les individus qui la composent répondent des erreurs et des fautes de chacun... On est obligé de former en quelque sorte un corps de doctrine ; et les opinions qui en font partie, adoptées sans examen, deviennent à la longue de véritables préjugés (2). »

Il était d’ailleurs plus attiré par un dissident de l'Ecole, qui aurait peut-être fini par s'opposer franchement à Quesnay, si la mort ne l'avait prématurément enlevé en 1759, l’intendant du commerce Vincent de Gournay. C'était un homme d’une activité extraordinaire ; avec la collaboration de Daniel Trudaine, intendant des finances, chargé des ponts et chaussées et du détail du commerce, il avait entrepris de renverser le vieux régime réglementaire institué par le mercantilisme. Tout son système reposait sur cette simple maxime : « Un homme connaît mieux son intérêt qu’un autre homme, à qui cet intérêt est entièrement indifférent. De là M. de Gournay con-

1. Notamment pour ses Réflexions sur la formation et la distribution des richesses.

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