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C’est en 1766 que Turgot envoya de Limoges aux Ephémérides du citoyen ses Réflexions sur la formation et la distribution des richesses, recueil de notes qu'il avait écrites pour deux jeunes Chinois venus en France (1). Comme les Physiocrates, il y professait que de tous les travaux celui du laboureur est le plus important puisqu'il produit les seules richesses indispensables à l’homme. « Le laboureur peut, absolument parlant, se passer du travail des autres ouvriers, mais aucun ouvrier ne peut travailler si le laboureur ne le fait vivre (2). » Heureusement la Terre est généreuse : aux sacrifices du laboureur qui la met en culture, elle répond non seulement par l’acquit de sa dette, mais encore par un don purement gracieux. « La nature ne marchande point avec lui pour l’obliger à se contenter du nécessaire absolu. Ce qu’elle donne n’est proportionné ni à son besoin ni à une évaluation conventionnelle du prix de ses journées. C’est le résultat physique de la fertilité du sol et de la justesse, bien plus que de la difficulté,des moyens qu’il a employés pour la rendre féconde (3) ». Considérons en effet le
1. La Chine paraissait aux Physiocrates être l’empire idéal: plus agricole qu'industriel, il était aussi, depuis la plus haute antiquité,resté stagnant, ce qui leurfaisait croire qu'il était arrivé du premier coup à la possession des lois naturelles et immuables (édit. Schelle, t, II, p. 26).