Condorcet, op. cit., p
aussi, comme l’a fait M. Weulersse (1), que la formation de la société a eu pour effet de développer le produit net, c’est-à-dire l'excédent de richesses dont vit l’homme. Celui-ci, isolé, ne pouvait recevoir de la Terre que son entretien ; non pas qu’elle fût avare, mais lui-même, occupé de mille travaux divers qui l’éloignaient du sol, n’en mettait en culture qu’une faible partie, et d’ailleurs, qu'eût-il fait du supplément? Cet enrichissement, grâce à l'association, est une compensation aux restrictions que le rapprochement des individus libres a fatalement imposées à leurs droits. Mais il est clair que ces restrictions doivent se réduire au minimum : il est, pour ainsi dire, de leur essence, de ne pas le dépasser. Le législateur se bornera à « protéger l'exercice le plus libre de la propriété de chacun, à n’établir aucune gêne, à détruire toutes celles qui subsistent, à empêcher que la fraude ou la violence n’en imposent de contraire aux lois » (2). L'analyse de cette espèce de contrat social conduisait donc Turgot à une conclusion qui rappelle la maxime de V. de Gournay et le « Pas trop gouverner » de d’Argenson.