Daire, t. II, p
nation « qui a cultivé avec tant de succès toutes les branches des sciences naturelles » ait pu rester « si fort au-dessous d’elle-même dans la science la plus utile de toutes, celle du bonheur public ». Il n’aime pas le caractère des Anglais et n’a qu’une médiocre estime pour leur constitution. Telle était cependant la puissance de celte calomnie que toute la Cour la professa, et qu’il fut même accusé d’avoir reçu des subsides du gouvernement anglais pour agiter et perdre la France, dans un pamphlet anonyme, le Songe de M. de Maurepas (1),dont l’auteur fut peutêtre le frère du Roi. Cette accusation monta-t-elle jusqu’à Louis XVI ? Lui, en tout cas, était hanté par le régime anglais : il le voyait partout, jusque dans l'établissement de la Municipalité Générale, qu’ilappelait « des Etats généraux perpétuels ». Cette idée, ditil, est «subversive de la Monarchie qui n’est absolue que parce que l’autorité n’est point partagée. Dès le moment de leur ouverture, il n’existe plus entre le Roi et sa nation des intermédiaires qu’une armée ; et il est fâcheux et douloureux de lui confier la défense de l’autorité de l’Etat contre l’assemblée des Français. Ce système de M. Turgot est un beau rêve. C’est une autre utopie particulière, qui part d’un homme qui a de bonnes vues ; mais qui bouleverserait l’état actuel. Les idées de M. Turgot sont