L'ancien Régime et la Révolution, chap. VII, p
consacré aux questions économiques et sociales, et ait rendu les grands édits de 1796, alors qu'il faisait seulement rédiger un projet de mémoire sur les municipalités. L'influence de Quesnay ou de Vincent de Gournay, plus tourné vers l’industrie et le commerce, ne suflit pas à expliquer ce retard. La vraie raison est que sa réforme administrative étant une pièce capitale de son système, lui semblait nécessiter des travaux préparatoires. Elle n'allait pas sans une réforme de l'impôt. Or toute réforme comporte une incertitude que les prévisions les plus exactes ne peuvent jamais réduire complètement, un certain flottement, qui aurait pu amener une diminution des ressources du Trésor. Ajoutons qu'ayant à racheter des droits séculaires à des seigneurs, à des ecclésiastiques, à indemniser des intérêts lésés, ilavait besoin de plus de ressources encore. Aussi se préoccupait-il de développer la richesse nationale, sachant bien — c'était un de ses axiomes — que la prospérité d’un pays est la cause de l’augmentation de l'impôt, et le développement de la consommation, grâce à la facilité de la circulation, celle de la prospérité. Le renversement du régime corporatit, auquel il a attaché son nom, était en somme un préliminaire (1).
Les amis de Turgot voulurent-ils, après sa mort,