‹ Les Idées de Turgot La Décentralisation AdministrativeChapitre 81 sur 98 · Soulavie, ibid · texte numérisé non relu

Soulavie, ibid

ché aux anciens usages ! Il va jusqu’à défendre les Parlements, qui étaient une gêne terrible pour lui cependant. Sa fidélité aux traditions, en dépit de tous leurs vices, l'amène à se contredire en plusieurs endroits: cet amour du peuple et cette confiance dont nous venons de voir une manifestation, n’eûtelle pas dû l’amener à la décentralisation ? Or il n’aime ni n’estime les Etats provinciaux en tant que corps administratifs, et il juge « que la Bretagne qui en jouit n’est pas plus heureuse que la Normandie qui en est privée. » Il veut les garder en revanche parce que ce sont des vestiges du passé. QIlLest, et il tient du repos de mes peuples, écrit-il, de conserver ces privilèges. » Quelle peut être alors sa conclusion ? Elle ne paraît pas favorable au nouveau projet.

Il l’accepta tout de même, peut-être convaincu par son ministre, peut-être en cédant à l’opinion générale. Un arrêt du conseil du 72 juillet 1758 créa la première assemblée provinciale dans la généralité de Bourges. On avait à dessein choisi pour cet essai l’une des provinces les plus pauvres, dans l'espoir que les heureux effets y seraient plus sensibles. Cette assemblée devait comprendre l'archevêque de Bourges, président,et onze autres membres du clergé, douze membres dela noblesse et vingt-quatre du Tiers- Etat, moitié pour les villes,moitié pour les campagnes, ce quiétait une heureuse innovation, à laquelle la pro-

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