FA: (RUES
samedi soir il envoya un grand vent qui culbuta le hangar. Je m'en rendis bien compte (il rit).
Pendant un casse-croûte je m'en allai dans la forêt. Je m'arrêtai à un endroit, où il y avait un buisson de palmes triomphantes. Une idée me vint de couper une belle branche. Je l'emporte. Quand je vis que le chef était absent, je plante ce rameau audessus de la porte d’entrée. Les ouvriers n'avaient pas compris ce geste.
La femme d’un chef cherchait une bonne. Ma femme ne voulut pas y aller, car là 1l y a des hommes de toutes les nations, et quand on y voit une femme potable on saute dessus comme un lion affamé sur un pauvre petit lièvre.
Voilà que le Bon Dieu fait encore un miracle. Alors que je chauffais des rives, un ouvrier me roulait des yeux, comme s’il voulait me manger tout vivant. [l voulait que ça aille plus vite. Pris de peur je dis: «Mon Dieu enlevez cet homme d'ici, pour qu’il ne me fasse pas de mal». Sur le coup d’une heure cet homme se plaint de douleurs au cou et il retourne à la maison. Oui je vis cela de mes propres yeux. Âlors je dis «(Mon Dieu faites mourir vos ennemis pour qu'ils ne se moquent plus de moi».
Quant à midi je rentrais à la cantine, le patron se mit à tousser, parce qu’un curé ne porte pas bonheur. Ce n’est pas le patron qui me l’a dit, mais je l’ai deviné. Le 1‘ vendredi du mois, les cantiniers m'ont roulé. Ils m'ont donné de la viande à manger. Après coup j'étais sur mes gardes et je la donnais à mes voisins.
Je suis Français, donc je peux voter. Je vote toujours pour les catholiques, qu'ils soient Allemands ou Français, en tout cas, je ne vote pas pour les pauvres.
Un jour que le cantinier me disait qu'il n'avait pas assez de travail, je lui répondis «mettez toujours votre confiance en Dieu, dites un Notre Père le matin, à midi, et le soir et tout ira bien». Le vieux de la famille était au courant de la religion, mais il était aveuglé par l’alcool. I] m'avait pourtant promis d'aller communier avec moi.
J'avais découpé des hosties dans du papier, je les glissai dans la main de la patronne. Quand elle me demandait «qu'est-ce donc que cela» je partis sans répondre.
Comme les ouvriers me bousculaient, je me mis à leur prêcher pour la lère fois. Je plaçai ma main gauche sur ma poitrine, je levai ma main droite avec l'index dressé et je leur dis «pourquoi me trai-