‹ Les idées du SillonChapitre 13 sur 23 · LES · texte numérisé non relu

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doctrine éyangélique <:t d

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de l'en défendre.

Mais notons, dans leur actiialitr' , eertaini U de sa protestation, qui, pour être mesurés, par ménagement, n'en sont pas moins signifient i

Témoin le fait qui s'est produit à la suite du dernier pèlerinage du Sillon à Rome.

UOsservatore romano a publié, li cembre

dernier, à propos d'un incident concernant le rinage du Sillon à Rome, une petite note brève et ferme, insérée en première page, qui en dit long sur les dispositions du Souverain Pontife Pie X à légard du parti démocrate catholique en France.

Elle confirme avec évidence que le Pape n'entend pas permettre à ce parti de se couvrir de son approbation. Voici cette note:

« Nous avons lu avec étonnement dans la Semaine Religieuse de Cambrai et dans la Vérité Française que M. Marc Sangnier aurait, dans son adresse présentée au Saint-Père, sollicité de Sa Sainteté une préférence exclusive pour les méthodes propres au Sillon.

« Or le texte porte la déclaration suivante, explicitement opposée : « Nous n'avons nullement la prétention injustifiée de solliciter la préférence exclusive pour les méthodes propres au Sillon, ni une confirmation formelle de notre confiance en l'avenir de la démocratie en France (i). »

On s'était efforcé de mener grand bruit autour du succès triomphal que le Sillon aurait obtenu à Rome. Mais si l'on met en regard l'adresse présentée au Pape par M. Marc Sangnier et la réponse de Pie X

(i) Certains démocrates ont voulu croire que la rectification de l'Osservatore romano visait la Semaine religieuse de Cambraiet la

— vrai moyen d'en bien juger — ce succès se trouve réduit à des proportions extrêmement modestes.

De part et d'autre, dans ces deux documents, les termes avaient été visiblement calculés.

L'adresse était comme un manifeste de la jeune démocratie. M. Marc Sangnier voulait le bénéfice de l'avoir porté hautement devant le Pape, et, pour le faire passer, déclarait s'abstenir de solliciter une approbation formelle qu'il savait ne pas devoir lui être accordée.

Le Pape se renferma dans le silence le plus absolu.

Evitant avec un soin marqué d'aborder ce sujet, il se borna à louer, comme elles en sont vraiment dignes, avec une bonté de père, les ardeurs courageuses des jeunes gens du Sillon.

Léon XIII en avait usé de la sorte avec M. Harmel, en 1897; et comme, au pèlerinage de Tannée suivante, celui-ci insistait de nouveau sur la démocratie chrétienne, le Pape, sans rien répondre dont auraient pu s'autoriser les démocrates chrétiens, éleva la voix pour tracer la direction à laquelle le mouvement démocratique devait se conformer,sous peine d'aboutir à des catastrophes.

dette année encore, M . Harmel, précédant le Sillon à Home, parla « démocratie chrétienne » dans son adresse; Pie X répondit a action populaire chrétienne ».

Avec le Sillon, le Souverain Pontife ajouta que, quant à ses méthodes, elles n'étaient pas les seules

Vérité, non M. Mare Sangnier. C'est d'autant plus invraisemblable que la rectification est d'accord avec leur texte. Ils disaient que, tout en se défendant de demander une approbation formelle, M. Marc Sangnier avait usé là d'un artifice de langage.

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bonnes; qu'il y en avail d'autres auxquelles il fallait leur place, et, là-dessus, donna à conseils d'union, de concorde, de désintéi ent,

ou il était difficile de ne pas voir un >n.

M. Marc Sangnier omit ce passage dans , compte rendu qu'il adressa aux journaux el aux semai religieuses, avec prier*; de le reproduit

La Semaine Religieuse de Cambrai releva l'omission et fit cette remarque : « Les quelqi de l'adresse que reproduit ce compte rendu sont celles où M. Marc Sangnier parle de la démocratie qu'il veut fonder, et celles où, par un artifice de langage, il demande au Pape, tout en déclarant qu'il ne veut pas la demander, une confirmation formelle de sa confiance dans l'avenir de la démocratie en France.

Ce fut l'occasion de la rectification publiée par rOsservatore romano.

Le piquant de l'affaire est que la Semaine / gieuse de Cambrai avait touché juste. M. Marc Sangnier s'était chargé lui-même de justifier son appréciation.

Aurait-on pu croire, en effet, qu'après s'être défendu dans son adresse « de solliciter une confirmation formelle de sa confiance dans l'avenir de la démocratie en France » il se vanterait aussitôt, très hautement, de l'avoir obtenue?

Voici ses paroles, extraites d un article dithyrambique écrit 'par lui, au lendemain du pèlerinage, dans la Croix du i5 septembre 1904 :

« Au reste, Dieu amultiplié aujourd'hui à notre égard les encouragements et nous a permis de trouver, à Rome même, centre providentiel de l'unité catholique, la con-

Jirmation la plus explicite et la (dus formelle de la légitimité des espérances </ui nous guident et des méthodes qui disciplinent nos efforts, »

A qui ferait-on croire qu'il ne s'agit ici que des espérances religieuses et non des espérances démocratiques? Ce serait le comble du non-sens.

Le même artifice de langage se retrouve dans le compte rendu de M. Georges lloog :

« C'est en vain, désormais, que certains s'efforceront, de façon maladroite et misérable, à nous objecter que le Saint Père ne nous a point dit que seules nos méthodes étaient opportunes et que la démocratie républicaine serait la France <le l'avenir. Le Pape ne pouvait nous tenir ce langage et nous n'avions point la prétention déplacée de le lui demander.

« // nous a affirmé — et cela seul importe — que tes moyens d'action que nous voulions mettre en œuvre étaient dignes de la fin poursuivie (i). »

Le Pape n'a rien affirmé de semblable, et la note de FOsservatore romano tombait à pic pour le prouver. Sur les moyens d'action du Sillon, le Pape s'est réservé absolument .

La maladresse — gardons-nous de la qualifier avec plus de vivacité — a été de présenter ce silence significatif pour une approbation explicite et formelle (2).

1) Le Sillon à Rome. (Le Sillon, a5 septembre 1904*) [2) L'équivoque est aussi apparente dans ces autres paroles de M. Marc Sangnier : « PieX, après avoir écoulé avec les signes delà rande bienveillance l'adresse de Marc Sangnier, répondit par un très important discours dans lequel . ipproavaii nettement P attitude au Sillon. [Le Sillon. Esprit et méthodes p. 7a.) Quelle attitude? Ce uVst pas son attitude démocratique. Le Pape l'a plutôt condamnée par son silence.

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