LE SILLON ET L'APOLOGIE D1 CATHOLICISME L
.M. Lapicqueet vous, vous vous êtes serré la main, Donc c'est vous qui avait l'ait les concessions (i). »
On a dit excellemment :
« Leur entreprise (celle de ces conciliateurs) serait digne de respect el d'encouragement, si leurs efforts tendaient à réconcilier la secte moderne avec l'Eglise en amenant l'opinion contemporaine à délaisser les erreurs et les préjugés <jui la mettent sur tant de points en con«tradiction avec le catholicisme ; mais, désespérant sa doute d'obtenir ce résultat, croyant aussi peut-être que tous les torts ue sont pas du côté des idées modernes, les conciliateurs ont entrepris d'amener l'Eglise à se réconcilier et à transiger avec la société moderne, avecle libéralisme el ce qu'on appelle le progrès (2).»
L'illusion, l'erreur du libéralisme et son point dé départ ne pouvaient être marqués plus exactement.
Pa rmi les a ver lissements renouvelés par Léon XI II recueillons encore ce passage des instructions formulées, d'après ses ordres, par la Congrégation des affaires ecclésiastiques extraordinaires (27 janvier 1902).
• ' )u ne pourrait approuver dans les publications catholiques un langage qui, s'inspirant d'une nouveauté malsaine, semblerait railler la piété des fidèles et parlerait de nouvelles orientations de In vie chrétienne, de nouvelles aspirations deVâme moderne tde nouvelle vocation sociale du clergé, de nouvelle civilisation chrétienne, etc,
(1) L'Êvéque de Nancy, la Croix cl le Sillon.
{■j) M. l'abbé Maignen, Nationalisme, catholicisme, révolution.
134 LES IDÉES Dl SILLON
Que faudra-il conclure si noua jugeons d'aï ces règles deg pages comme celle-ci :
« Les jacobins semblent triompher aujourd'hui... ils se figurenl dévorer une Église anémiée et à demi m déjà; ils ne/ont que déchirer un manteau vieilli gui, sans eux — (sans eux!) — serait tombé en />■ sière, laissait i apparaître la robe nouvelle dont les
siècles vont revêtir l'éternelle virante...
Ainsi sans les jacobins, le manleau vieilli de l'Eglise serait tombé en poussière ; mai^. eux, il va se transformer en une robe nouvelle.
Ce manteau vieilli, seraient-ce les congrégations
religieuses que les jacobins ruinent et tuent, nos établissements hospitaliers, toutes nos œuvres de charité détruites, nos maisons d'éducation chrétiennes supprimées ? — car c'est de cela qu'il s'agit.
« Si l'on appelle catholicisme Vétat d'esprit démodé, la mentalité surannée et inféconde que nous ne connaissons que trop, hélas! j'en conviens, le catholicisme
agonise et les sectaires ont gagné la partie... Mais qu'ils ne soient pas trop fiers. ..
« C'est qu'en effet une race nouvelle s'est levée (i). »
Et ailleurs :
« Leurs adversaires s'acharnent à détruire de leurs propres mains tout ce qui avait pu rendre autrefois l'Eglise impopulaire en France. Ils se figurent la tuer en la frappant. Ils réveillent seulement ses énergies assoupies. La chassant de toutes les places officielles, ils la contraignent à chercher un appui et sa force dans les milieux populaires. Ils en font une conquérante; et
(i) Le Sillon, 25 novembre 1902, et l'Esprit démocratique : les ennemis intérieurs du catholicisme.