‹ Les idées du SillonChapitre 22 sur 23 · NN II - ||,| | - |,' SI] |.,,N · texte numérisé non relu

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que Jean doil gagpner à la cause, mais qui ne le cooi pas encore. Il esl venu prier Jean de porter a ion ; une communication «lu comité de la grève.

— .Ii \n. Je oe puis me < ■'■ munical

car je a'ai plus de rapports avec M. Maacurel. J Qui donc êtes- vous? Que Faites-vous chez lui? J son fils unique ; maintenant je suis orphelin. -Ja< le patron sérail (loue mort? Oh! monsieur, monsieur... (il s'incline cTnn air gêné] . — Jr.w. II.! a'esl p

cela qu'il s'agit, il vit, mais il esl morl pour moi.

Enfin Jean, qui ;i donné toute sa fortune aux ouvriers pour Fonder une forge contre celle de Bon père. Moi plus

de père; vous, vous devriez avoir le courage de n'avoir plus de patron -, s'adresse à eux, â des étrangers, à des ennemis de son père, en ces termes : Camarades, â partir d'aujour- (I Imi. je ne suis plus fils de patron. Je suis un orphelin vous demande de m'adopter. Le patron vous a trompés, moi je veux être le fils de la v< \mment poarrais-je être le /Us

de cet homme ?

Où donc a-t-onpris que lo zèle delà vérité, dé la justice et du bien social des ouvriers autorise un fils à fouler si brutalement aux pieds la loi naturelle et les commandements de Dieu? Même si Dieu avait constitué personnellement M. Jean Mascurcl justicier de son père, il serait encore coupable de se comporter comme le fait ce héros.

Naturellement, il se vante d'agir sous l'inspiration divine.

«Je serai plus fort que le monde. Si Dieu est avec moi, qui saurait m'arrêter?.. Je sens en moi des forces infinies. Je n'accepte pas l'injustice et le mal. »

Croyez-moi, monsieur Jean, vous ne trouverez pas un directeur de conscience qui ne vous oblige à accepter d'abord le Déealosrue.

Au second acte, deux ans après, Mascurel père, auquel

un ami, parlant pour l'étranger, avait souscrit d'emblée 4oo.ooo francs pour une nouvelle société de tramways, apprend son retour inopiné. Or, pressé par ses embarras, il a engagé temporairement cet argent dans ses affaires. Atterré, il se rend près de son Hls Jean, pour le prier de les lui prêter sur sa fortune personnelle, qu'il lui avait récemment remise.

JbàN. Quoi? lui aussi, vous l'avez trompé, comme les ouvriers? Même entre vous? — (Masci rel s'explique.)- Jean. Toujours le mensonge, toujours. — Masci mi.. Ah ! Jean, tu

es dur. J'aimerais mieux la colère , . . Maudis-moi ! J'aime

mieux cela. — Jean. Je n'ai rien à dire, tout ce qui arrive

devait arriver. (Test dans l'ordre. (Il se met à écrire.) — (Masi.i rel continue à supplier, et représente à son lils qu'il se déshonore avec lui.) — Jean. Moi, je suis un orphelin, vous savez, depuis deux ans. — MASCI iui.se jette aux genoux de Jean, il pleure : Jean, la mère, ta mère, souviens-toi de ta

mère. —Jean. Taisez-vous, taisez-vous. Ne prononcez pas ce

mot-là.. Ma mère, ma mère, elle est à moi. — Masguhel

les mains jointes et pleurant). Jean, Jean, jeté supplie, je te

BUpplie ! — Jean (lui tendant un papier). C'est assez, c'est.

assez. Tenez. Voici ceque vous demandez. Votre honneur sera sauf. — Masci rel. Quoi, c'esl vrai, c'est vrai, tu veux bien? Mais je suis sauvé ! — Jean. Tant mieux!..

Ce héros, ce jeune saint proposé à l'admiration populaire, est simplement un monstre.

Ouelque part que l'on fasse, chez l'auteur, à L'inexpérience de la scène, il paraît absolument invraisemblable qu'un homme de jugement sain ait pu v produire de tels personnages. J'en appelle à tous les critiques qui, même en dehors d'une préoccupation religieuse, ne s'appuieraient que sur la rectitude du sens moral, et je serais vraiment curieux de voir l'étude que .M. Emile Faguet, M. l\cné Doumie, M. Gabriel Audiat, ou d'autres, écriraient sur la moralité de ce drame.

L' Univers t qui aurait pu passer, l'hiver dernier, pour le journal de M. Marc Sangnier, en a publié une cri-

190 m SILLON

tique très mitigée, don( l'auteur, M. I euillot,

n'a i ependanl pas pu leniT d*< ine

œuvre tocialement inquiétai

Quel tj pe de patrons pi leur? un

type unique qu'on cherche à montrer déloyal, inju sans [dignité, sans intelligence. Le Sillon te n vraiment un beau e1 facile triomphe, en bornant critiques de ses contradicteurs aux imbécillités qu'il fait ni*-!- par ces patroi

Commenl M. Sangnier réalise-t-il ses Idées su classes dans la démocratie?

Jacques (l'ouvrier). Je vais leur dire que tut à

tait des nôtres maintenant . — JsAlf. De

Alors tte m'appelle plus monsieui a bieo dire !

tout simplement; celi me guérira tout;... h puis ta

diras plus vous comme à un îils de patron, qui «l-jr

?— Jacques. •!<• suis Jacques Mereœur... \ peut-être ça : c tre mère... <\\i\ m'a sf-rvi de marraine.

— Jean. Oh! ne dis pas votre mère, dis ta mère — lu

me tutoyer — dis notre mère (!!!), c'est bien cela, car tu efle était avec vous... — Jacques. Dis, Jean lil lui pi la main), c'est donc bien vrai que tu es notre ami? — Ji Oui, c'est vrai, etc...

Le patriotisme, en ce qu'il a de plus pur et de plus respectable, prête, dans ce drame, à une basse caricature qui soulève l'indignation et le dégoût.

C'est un vieux grand-père qui nous est exhibé. — qu'on me pardonne l'expression exacte — tout à fait gaga — soignant un vieil aigle déplumé, qu'il pleure avec des plaintes d'idiot, quand il ne le voit plus. Après d'autres scènes où il a ainsi paru, lamentable, on nous le produit :

entrant en scène avec, accroché en bandoulière, un tambour. 11 est devenu maniaque et un peu gâteux... il bat la charge : « Vive l'Empereur! Vive l'Empereur! Ce matin j'ai vu se lever le soleil d'Austerlitz... à Waterloo, ils ont failli m'écraser avec leurs caissons; mais je suis un malin, moi

(il rit); j'étais derrière le petil caporal (il se redresse fièremont). Personne n'a eu la force de me tuer, moi. C'est la Revanche! C'est la Revanche! Battons la charge.»— Un instanl après : t Conscrit (à un ouvrier), je sais où tu trouveras l'aigle. Va à Strasbourg; monte sur la cathédrale ; en haut du clocher tu le trouveras. Il a les ailes ouvertes. Dépêche-toiconscrit. Je Veux le revoir avant de mourir. »

Tant qu'on ne m'aura pas démenti, je reste convaincu que les jeunes ouvriers auxquels on donne ce spectacle éclatent en huées sur l'auteur. Et s'il est vrai qu'ils l'applaudissent, malheur au pays OÙ une jeunesse, réputée l'élite, bafoue ce qu'il y a de plus sacré !

Ici je m'arrête, mou esprit est envahi de mille pensées, au souvenir de ces lignes récemment écrites par M. Marc Sangnier : « Il doit sortir du Sillon tout ce qui sort de la vie, je veux dire une organisation sociale, une politique rajeunie et correspondant aux vraies réalités sociales, uneadaptation nouvelle aux éternelles lois qui régissent les sociétés humaines, et J usçu'àun art régénéré, expression de l'esprit et des sentiments de la démo* cratie future (1). »

Naturellement, il fallait placer la théorie humanitaire du Sillon en opposition avec l'insanité de la Revanche.

Jean (à voix liasse, avec tristesse). — (Il parle ton jours avec tristesse, à voix basse ou très basse, ou en pleurant.) — N'aie pas de peine, grand-père : nous te la ferons belle et sainie, ta France bien-aimée, nous te. la ferons libre et Gère, el l'Europe encore suivra sa loi, car la France travaillera pour le inonde, et deviendra l'humanité! — Le Capitaine. Hardi, mon fils ! C'est bien parlé!... Vive l'Alsace! Vous allez la reprendre...

— Jkvn ià voix très basse . Nous ferons bien mieux que reprendre un peu de terre, nous délivrerons la justice. — la. Cvei- TAINB. Mais elle, que deviendra-t-elle ? liriserez-vous ses fers?

— Jean. 11 n'y aura plus de fers s'il n'y a plus de haine. — Le Capitaine. Va la revanche, la veux-tuf — Jean. Oui, la revanche sainte de la fraternité contre l'esclavage, de la justice contre l'oppression, de l'amour contre la haine. — Le

(i) Le Sillon. Esprit et méthodes, p. 83.

192 i.i g m.j'.i g ,,, ML]

I mi : . Quoi! Qu'est-ce que tu dis? Tu ne bail Prussien .' Jbaw. .i<- oe peu iïr.

M. François Veuillof dit avec ju i Ou donc

M. Sangniera-t-il vu quels revanche était un sentiment de haine? C'est au contraire une explosion dam< amour pour I.-. patrie blessée, amour pour la ju I outragée par des conquéti a bj utales. — Toujou évangile !

Voici le clou, la scène où l'ouvrier Jacques Mercosur,

qui venait apporter la sommation du comité de la -

est gairné à la cause.

C'est rapide, foudroyant.

Jacques a tutoyé le fils de son patron, et touché dé plus en plus :

Tu voudras bien que je te parle un peu commeâ un frère ? — Jean. .N'est-ce pas. Jacques, que tu seras mon frère, i

pas un peu, mais tout à l'ail 7... Dis, tu as la ! j'en

suis sur, la même foi que moi, tu crois que Celui qui a ordonné : Aimez-vous les uns les autres, était un Dieu, tu crois que si ce doux Christ vainqueur habite dans nos âmes, elles ne font plus toutes deux qu'une seule âme? — Jacques. Oui, je crois à Jésus, et notre bon curé, si bon surtout depuis que la grève a commencé, nous a dit qu'il fallait que le règne du Christ arrive et que c'est dans ce monde que nous devons travailler pour que sa justice vienne. — Jean. Jacques, veux-tu être un homme"/ Ta lois, il y a de la haine, du mal partout. On vous trompe, on vous ment. Les riches eux-mêmes se dévorent entre eux. Quand une àme pure naît par hasard dans cet enfer, elle en meurt de douleur. Veuxtu que cela cesse? Veux-tu briser le monde méchant qui nous écrase (1)'? Veux-tu être plus fort que la haine/ Veux-tu laver la vieille terre souffrante dans le sang du Christ? Veuxtu qu'il y ait de l'amour partout '? Jacques, veux-tu que nous fassions cela? — Jacques. Oui, Jean, je veux! Oh comme tu sais trouver des mots pour dire tout ce que je ne peux que sentir. Tu me révèles à moi-même ce que j'osais à peine pen-

(i) Le Sillon. Esprit et méthodes, p. 83.

APPENDIC1 - 193

sep. Quand je L'entends parler, il l'ait clair dans mon esprit el chaud dans mon cœur. Ah! oui, .Iran, tu n'es pas un patron,

loi, lues bien des nôtres. — Jean. Jacques, rst-cr que lu crois à l'Amour? — Jacques {fermement). Oui, je croisa l'Amour. Jean. As-tu toi ru la Cause ? — Jacques. <Mii, j'ai loi enla Clause. — Jean. Ksi-ce que tu donnes tout ? — Jacques. Tout. — Jean [d'un air triomphant). — Merci, mon Dieu, dette première rencontre e>t une preuve. J'ai confiance: nous rainerons!

Ne se croirait- on pas su rie chemin de Damas? Encore Jésus-Christ parlait clairement a saint Paul.

Jacques Mercœur, que les familiers du Sillon ont déjà rencontré, est, il est vrai, habitué aux illuminations.

Si votis avez peine à comprendre que celle-ci L'ait renversé, lisez dans l'Esprit démocratique le chapitre: Comment Jacques Mercœur rencontra Dieu. Mais je vous préviens que vous ne serez pas plus avancé.

Faut-il s'en prendre à notre condition de profanes. Incapables, comme on nous Le dit, de pénétrer la vie intime et l'esprit du Sillon?

C'est une mauvaise plaisanterie et une piteuse défaite. Voilà plusieurs années que M. Marc Sangnier parle en public presque chaque jour; sa plume est aussi infatigable que sa parole; il écrit, publie, enseigne ; proies peur, conférencier, journaliste; il a émis une quantité de propositions dont le sens est malheureusement trop clair, qu'il a cent fois répétées, très cohérentes entre elles; et ccu\ qui L'ont patiemment suivi et écouté ne seraient pas reçus à résumer ses doctrines, parce qu'ils ne le comprennent pas?

Je r.e voudrais pas finir sur un mot dur. Celui qui me

vient sous la plume contient plutôt l'excuse qu'il devient

tsaire de trouver aux écarts de M. Marc Sangnier:

{Le comprend-il lui-môme? Je veux dire : Sait-il vraiment

ce qu'il veut et où il va ?

Il 1.1. ON. -

extrait de la lettre de monseigneur h l'.inaz

a i/auteur

Réponse aux objections

Voici enfin, très loyalement et dans toute leur f objections que l'on oppose à nos démonstrations.

« Mais, dira-t-on, le Sillon a reçu de nombreuse» approbations. » Je réponds que ces approbations ^'adressent dii tement aux intentions dont je vais parler bientôt, à de<; déclarations chaleureuses d'attachement à l'Eglise et <l<- e ion. Mais ces approbations, quelque nombreuses qu'elles soient, ne peuvent pas supprimer les documents, les textes cités à chaque page. Elles ne peuvent faire que ces textes ne disent pas ce qu'ils disent, elles ne peuvent faire que ce qu'ils disent ne en opposition flagrante avec les enseignements <'t les or«: de Léon XIII et de Pie X sur la démocratie chrétienne. 1 ne peuvent faire que ces textes n'expriment pas des erreurs religieuses et sociales très nombreuses et très graves et tout un système qui ne peut conduire qu'aux plus fatales co: quences. Des approbations ne sont ni des démonstrations ni des réfutations.

Serait-ce indiscret de demander ce que valent ces approbations, si elles atteignent le système, la méthode, la démocratie du Sillon ? L'Egalité du 11 mars 1905 écrivait, à propos de la conférence à Roubaix : m La religion, dit encore M. Marc Sangnier, ne doit pas être mêlée au mouvement des idées. Ce sont là deux choses bien différentes. Les prêtres, les évêques, le pape lui-même doivent se préoccuper uniquement de leur sacerdoce. »

Le Progrès du Nord du 11 mars, résumant le discours de M. M. Sangnier, écrit : « Ce n'est pas le pape, ce ne sont pas les évéques qui peuvent donner le solution de la question Bociale. »

Combien les approbateurs doivent être touchés de l'autorité accordée à leurs approbations et de la reconnaissance de M. M. Sangnier !

On dit encore : « Ces /'runes gens sont des catholiques pratiquants, ils vont à la messe, ils communient, etc. » Mais dans tout le cours de l'histoire de l'Eglise, les dissidents qu'elle a dû repousser et condamneront d'abord accompli ces devoirs, et presque tous avec les apparences d'une | grande pieté. La pratique de la religion ne se borne pas à ces devoirs; on n'est pas vraiment catholique si l'on ne reste pas dans l'unité de la doctrine et de l'ordre établi par Notre Seigneur Jésus- Christ. On n'est pas vraiment catholique, quand on propage avec une ardeur et une audace que rien n'arrête, des doctrines et des

associations condamnées par le Saint-Siège.

Les plus chaleureuses protestations ne sont pas plus puissantes que les' approbations qu'elles obtiennent, elles ne peuvent détruire ni les textes ni les erreurs [qu'ils expriment. D'ailleurs ce qu'il faut d'abord demander et exiger même au simple point de vue de la loyauté et de la plus vulgaire prudence, c'est que ces jeunes gens se mettent d'accord avec euxmêmes, c'est qu'ils ne perpétuent pas une contradiction manifeste et déplorable entre les paroles et les paroles, entre les déclarations et les déclarations, entre les actes et les actes. Ne tenir aucun compte de pareilles contradictions, n'est-ce pas se bander les yeux et se condamner fatalement à être trompé'/

On nous oppose : « Les intentions sont bonnes. >> Mais qui donc n'invoquait pas ses bonnes, ses très bonnes intentions parmi les révoltés contre l'Eglise et parmi tous les prétendus réformateurs d'Arius à Lamennais, pour ne pas parler du temps présent? Qui donc proclame {dus haut que les socialistes et même 1rs anarchistes, leurs intentions parfaites el leur amour au peuple? C'est donc la suppression de toute réfutation le l'erreur, de tonte résistance aux bouleversements SOque vous voulez imposer en invoquant les bonnes intentions, Mais ces bonnes, C< bonnes intentions, comment

196 U - IDÉl - D1 MLLON

peuvent-ell<

» ii .ni a démonl la pi opagandc <l<- pareilles

doctrines? Quand les intentions sont bonnes, onréfub rieusemenl les démonstrations opposées,ou biei et «Mi reconnaît ses torts.

ni des jeun< sions in peu-

venl leur échapper ; ils ne ^mi pas théologiens. »

Je reconnais tout cela, mais j'en conclus qu'il J * - 1 j t Paul trangesel d'aveugles prétentions pour traiter de pai répandre des doctrines qu'ils n'ont pas étudiées, voul »ir enseigner tout le monde, répondre immédiatement â ton questions qui peuvent leur rire posées, réformer la société repousser d'une façon ou d'une autre, e1 avecquell< et de si haut ! tous ceux qui se permettent de ne pas peu comme eux. Ce chemin (le l'orgueil est fatalement le chemin de l'abîme.

D'ailleurs il ne s';i<^it pas de quelque- expressions, il d'un ensemble considérable et redoutable d'erreurs, il s'i de résistances à des enseignements .lu Saint-Siège qu'ils ont vantés et rjn'ils vantent avec enthousiasme en les mépric et en les violant; il s'agit de la transformation d< il s'agit d'une prop;i<rande des plus dangereuses parmi I» peuple. Quand on ne sait pas ou que l'on sait peu et mal, il faut apprendre, étudier, demander conseil et ne pas prétendre éclairer et sauver le monde.

« // faut bien que les jeunes gens catholiques prennent pari à la lutte religieuse et sociale et nous devons encourager leur ardeur. »

Personne n'a fait appel plus souvent que moi aux jeunes gens catholiques. Personne n'applaudit plus que moi à leur dévouement, pourvu qu'il soit sincère, et à leur ardeur, pourvu qu'elle soit disciplinée. Mais il s'agit, en ce moment, de ceux qui suppriment tout le passé, qui ont confiance en eux seuls et qui, faut-il le redire encore, compromettent par leurs erreurs, par leur méthode d'action, les intérêts de la religion, de TL^lise et de la société.

Le Sillon n'est certes pas la seule association dans laquelle peuvent entier les jeunes gens catholiques; les œuvres auxquelles ils peuvent consacrer leur ardeur sont nombreuses et ont fait leurs preuv 5 compter le concours si utile qu'il-

vi'i'i NDII i 197

devraienl donner au clergé pour la fondation e( la direction des patronages des jeunes gens, [des associations chrétiennes d'hommes, etc.

A voir les choses de près, el sans être aveuglé par le partipris, quel résultat ont obtenu el obtiennent les conférences contradictoires du Sillon ? Quand M. Marc Sangnier se trouve en présence d'homme d'une certaine valeur, il fait, commi Epinal, des concessions très graves; et M. Lapicque, ondes chefs de la libre-pensée, lui tend la main en lui disant, aux applaudissements «les membres du Sillon: « Avec des catholiques comme vous, nous pouvons marcher la main dans la main. »

A Roubaix, l'auditoire, plus qu'étonné, ne voit de différence entre le collectivisme de M. Jules Guesde et la doctrine il»' M. Marc Sangnier que dans la préparation et le temps que réclame celui-ci. Ailleurs, on demande à M. Marc Sangnier de démontrer l'existence de Dieu. II n'expose aucune des preuves traditionnelles delà philosophie et de la théologie Catholiques; mais il enveloppe sa prétendue démonstration dans les nuages du kantisme et de l'immanence, de telle sorte que l 'auditoire ne comprend 'pas plus que l'orateur lui-même et (pie l'avantage reste au contradicteur qui a enseigné l'athéisme*

Souvent on entend dans ces réunions une longue série d'accusations odieuses dirigées contre l'Eglise, de négations impies et de blasphèmes qu'applaudit une partie de l'auditoire...

Enfin on nous reproche de créer des divisions parmi les catholiques.

Vraiment, il serait interdit, sous prétexte de oe pas créer des divisions, de détendre la vérité-, de combattre les erreurs les plus dangereuses, les révoltes les plus déplorables : c'est le monde renversé. Mais l'union dans l'Eglise catholique estelle possible sans l'unité doctrinale et l'unité de gouvernement et de' discipline ? Les divisions, mais c'est le Sillon qui les suscite et les développe partout. Divisions dans tel diocèse où, en dehors des très rares adhérents du Sillon, l'union est parfaite, les œuvres très nombreuses et très prospères, et <»ù h* zèle du clergé et des principaux catholiques est admirable, le progrès religieux manifeste et éclatant, et où le Sillon vienl braver les ordres si précis de Léon XIII et de Pie \ SUT

l'obligation de toutes |< Ions catholiques de s,- sou-

198 du sn

inriii e i i il i ienl bi a ••• r el i i publi |

ment l'aul ►rite épi

divisions, le Sillon les mi le clergé, parmi la ,

catholique, parmi le peuple des villes et desfcampagnt e en repoussant tous ceux q oient pai â admî

république et sa démocratie et qu'il signale comme ennemis les plus dangereux de l'Église. Il Iouvriers d'une part, et, deTaulre, les pat pri

mer, entre les ouvriers eux-mêmes en F rouges, syndicats <!<• la révolution et de l'internationalismi en blâmant les syndicats jaunes et tous

Ces divisions, ii les crée, il les multiplie sur le champ de bataille, en l'ace de l'ennemi pour lequel le Sillon est plein de bienveillance; ces divisions, il les prépare fatalement poui étions prochaines qui décideront de l'avenir de la Pran< Et c'est à nous et non pas au\ Sillonnistes qu'on fait reproche de créer des divisions parmi l»-s catholiques! Il faut entendre de telles paroles pour croire qu'elles puissent i dites, et ceux qui les disent - ni jugés pour toujours. Vraiment le reproche qu'un nous fait, il Faudrait !<• faire à c qui combattraient ^ie l'antimilitarisme et Uantipa-

triotisme dans les casernes, l'antimilitarisme et l'antipatriotisme qui détruisent l'armée et qui perdent la Fran

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