‹ Les idées du SillonChapitre 4 sur 23 · DE LA TROISIEME EDITION · texte numérisé non relu

DE LA TROISIEME EDITION

Cette troisième édition ne comporte aucun changement, mais des améliorations de forme et des additions nombreuses.

Les sources nouvellement ouvertes, d'où ces additions proviennent en grande partie, sont: le Sillon, Lettre de Monseigneur Turinaz à l'auteur; le Sillon, Esprit et méthodes ) par M. Marc Sangnier; Par la mort, drame social par M. Marc Sangnier.

On pourra trouver les appréciations sur ce drame plus rigoureuses; mais il est impossible de ne pas juger sévèrement une œuvre aussi malsaine.

Plusieurs seraient tentés de dire : Mais, tout d'abord, qu'est-ce doue au juste que le Sillon? et la réponse, une réponse précise, embarrasserait peut-être ceux-là mômes qui l'auraient crue toute simple.

o Il est impossible de décrire avec exactitude et d'une Façon définitive ce qu'est l>i Sillon ( 1).

« Il est, en effet, de certaines expressions, comme Vamitiè du Sillon, V esprit du Sillon et tant d'autres, qui sont complexes, qui en ferment en elles tant d'expériences vriucs, tant de sentiments éprouvés, que L'explication que L'on en peut donner u'est jamais que fragmentaire, qu'on Les comprend avec tout son être plutôt qu'avec son seul cerveau 1 a). »

& En principe, dit M. Marc Sangnier, Le Sillon n'est autre qu'un mouvement social, avant pour but de mettre au service de La démocratie en France les forces sociales du christianisme (3). »

Est-ce une œuvre ? — Sa méthode est expérimenl « et voilà pourquoi le Sillon n'est pas une oeuvre, s'il

i) M. Marc Sanirnier, le Sillon. Esprit et méthot .">).

(a) Le Sillon, 10 septembre 1 .

L'Univers, 'ti février 1905. — Le Sillon est donc une teniativ<- déjeunes démocral us affirmant qu'ils ont besoin, pour

réaliser leur démocrati orces sociales du catholicisme. Le

Sillon, ao août 1904.)

L6 LES IDÉES i'i

es1 vrai que, pour être du Sillon, il est plus encore de juger la vie d'une -•••rt.'iir, [es choses sous un certain biais, que de s'o> caper d'œuvres sociales proprement dites i

misation n'a pas été décidée ;■ priori, mais

i\ élaborée lentement i nt, bous l'ai tion

oécessités et desbesoins. Au^-i bien le Sillon i - .nt tout un mouvement, c'est-à-dire quelqu m pro-

^se et qui marche (2). »

« Nous laissons les individus commi enir

doucement à nous et nous quitter quand il nt.

comme ils veulent; ou, [ilillirilll (infini, h Vàmt du Sillon est en eux, s'ils pensent, s ils senten1 aiment avec nous, s'ils jugent que rien n'est plus grand, plus profond, plus digne d'être aimé que la eaux*' que n< servons, s'ils acceptent volontairement cette admirai discipline de l'amour qui l'ait notre invincible cohésion, alors, ils sont de la grande famille du Sillon, ils sont nous-mêmes (3). »

« Remarquons d'abord que, le Sillon étant, avant tout, une union morale, tous ceux qui ont 00s fendantes. adoptent nos méthodes et poursuivent le même but en esprit d'amitié avec nous, sont du Sillon (4)- »

On voit tout ce que cette méthode a d'enveloppant.

C'est même un spectacle intéressant de suivre les phases de ce mouvement qui, sans être une œuvre,

(1) L'Esprit démocratique, par M. Marc Sangnier, \fjoZ>, p. 86. — Puisque le Sillon se préoccupe moins d'être un centra d'oeuvres sociales que de créer un mouvement, un état d'esprit, on se tromperait donc beaucoup en refusant d'attacher une grande importance aux idées du Sillon, sous le prétexte de ne voir dans cette association qu'une œuvre sociale répondant à nos besoins pratiques.

(2) L'Esprit démocratique, p. 161. — <« Le Sillon n'est pas à proprement parler une œuvre, mais une vie. » [Le Sillon. Esprit et méthodes, p. 78.)

(3) L'Esprit démocratique, p. a58.

(4) Le Sillon, 2 août 1904.

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