ET LA DÉMOCRATIE CHRÉTIENNE
ou'est-ce OIE LA DÉMOCRATIE Cil!
La démocratie chrétienne est simplement une
dénomination plus ou moins heureuse de l'action sociale catholique.
Les Souverains Pontifes ont permis qu'on lui donnât ce nom de démocratie chrétienne, à la condition qu'il ne couvrît pas autre chose que cett<action catholique, et qu'elle en suivît fidèlement les règles.
La célèbre encyclique du pape Léon XIII, du 18 janvier iqoi, a pour but de déterminer cette acception et ces règles.
Elle rappelle d'abord la situation créée par les discussions touchant les questions économiques générales sous l'influence de certaines doctrines philosophiques, du développement industriel et des passions humaines. Le Pape rappelle aussi ce qu'il a fait précédemment pour y remédier et constate les résultats de son intervention.
((... Sur le terrain de l'action, le résultat a été que, pour
LE SILLON ET LA DEM tATIE CHRÉTIENNE li
prendre plus à cœur les intérêts des prolétaires, surtout là où ils étaient particulièrement lésés, un grand nomlin- de nouvelles initiatives se »on1 produites ou d'utiles améliorations ont été poursuivies, grâce à un esprit de suite constant. Tels sont ces secours offerts aux ignorants sous le nom de secrétariats <lu peuple, les eusses rurales de crédit, les mutualités d'assistance <»u de secours en cas de malheur, les associations d'ouvriers, el d'autres sociétés ou œuvres de bienfaisance du même genre.
m De la sorte, sous les auspices de L'Eglise, il établi entre les catholiques une communauté d'action et une série d'oeuvres destinées à venir en aide au peuple, exposé aux pièges et aux périls non moins souvent qu'à L'indigence et aux labeurs.
« A.u commencement, cette sortede bienfaisance populaire ne se distinguait ordinairement par aucune appellation spéciale. Le terme de socialisme chrétien, introduit par quelques-uns, et d'autres expressions dérivées de celle-là sont justement tombées en désuétude. Il plut ensuite à plusieurs, et à bon droit, de l'appeler action chrétienne populaire. En certains endroits, ceux qui s'occupent de ces questions sont dits : chrétiens sociaux. Ailleurs, la chose elle-même s'est appelée démocratie chrétienne et ceux qui s\ adonnent démocrates chrétiens; tandis que le système défendu par les socialistes est désigné jous le nom de démocratie sociale.
Or, des deux dernières expressions énoncées eî-des-
sus, si la première, c< chrétiens sociaux . ne soulève guère de réclamation, la seconde, démocratie chrétienne, blesse beaucoup de gens bien pensants, <{ui lui trouvent un sens équivoque et dangereux... (i).
« Gomme, à ce propos, i! \ a couramment des di sions déjà trop prolongées et parfois trop vives, la conscience de notre charge nous avertit de poser des bornes à cette controverse, en définissant quels doivent être les sentiments des catholiques en cette matière. De
(i) Voir plus haut, pag< -