Cité par Dareste, Etudes d Histoire du Droit, p. 2 i
partie d'une seule chair*. On pourrait dire qu'une seule âme les mène, tant leurs âmes particulières pensent à l'unisson. Responsabilités collectives, propriétés communes, autorité sociale despotique, activités individuelles altruistes, tous ces traits, par lesquels se ressemblent les sociétés fortement homogènes, nous prouvent assez que l'individu n'y est nullement, comme le voudrait l'égalitarisme, tenu pour une cause par soi ni pour une fin en soi.
Que les individus avec lesquels nous vivons en société soient au contraire essentiellement différents, nous ferons plus naturellement le départ entre ce qui revient à la collectivité et ce qui appartient à la personnalité. Dans une société hétérogène, le prix du « quant à soi )) apparaît, et l'ordre social est obligé de respecter les libertés individuelles. Rappelons-nous qu'il faut distinguer entre l'égalité et la fraternité : l'idée de l'égalité des droits ^ — on l'a observé justement — implique celle d une opposition de prétentions. Il faut, pour que nous pensions à équihbrer leurs prétentions qui s'opposent, que par leurs différences mêmes les personnalités se soient posées les unes en face des autres. C'est l'hétérogénéité, non l'homogénéité des sociétés qui fait
1, V. V Année sociologique, i^^ année (1898). Article de M. Dur- KHEiM. sur la Prohibition de l'Inceste.