Richard, op. cit., p
surgir rindividualisme. <( A un certain point de civilisation, il y a trop de pensées diverses, de fois différentes, de sciences inégales, de morales particulières et d'éducations dissemblables. En cet état un besoin naît, qui est que notre façon d'être ne nous soit pas imposée par autrui. Après avoir longtemps contesté, les hommes finissent par reconnaître cette nécessité sociale et par céder à chacun sa part, plus ou moins généreusement mesurée, de liberté de penser, de croire, d'écrire, de vivre et de s'élever à sa guise. La communauté y perd, l'individu y gagne * ». 11 semble que, par cela même que nous voyons se multiplier les différences individuelles, nous considérions chaque individu comme un être original, nous respections en lui a ce que jamais on ne verra deux fois », nous lui reconnaissions enfin une valeur incomparable et en ce sens égale à celle des autres. « Par cela qu'un individu est quelque chose de tout particulier, dit M. SimmeP, il devient égal à n'importe quel autre ». C'est ainsi que, du sein de leur extrême dissemblance, peut renaître le sentiment de l'égalité des personnes.
Ces considérations permettent peut-être de juger une théorie qui a vite fait fortune : celle qui veut que fatale-
1. Faguet. Politiques et Moralistes du 27 A'® si èc/e. Avant-propos,
p. VIII.