‹ Les idées égalitaires: étude sociologiqueChapitre 51 sur 96 · V. P. Lapie, Les civilisations tunisiennes, p. 60, sqq · texte numérisé non relu

V. P. Lapie, Les civilisations tunisiennes, p. 60, sqq

2. Bagehot, Lois scientifiques du développement des nations^ p. 115.

lions qui permettent de répondre à ces questions ont été brillamment formulées. On imite moins ses ancêtres, mais on imite plus ses contemporains, même étrangers. On imite moins de gens en tout, mais plus de gens en quelque chose. En un mot, le règne de la mode se substitue au règne de la coutume^.

Les conséquences de cette substitution sont évidentes. Les échanges d'imitations, plus rapides et en quelque sorte plus souples que les croisements biologiques, doivent agir, mais encore plus vite, dans lé même sens : ils seront les destructeurs désignés des types collectifs ; aux groupes étroits de gens qui se ressemblent sous tous les rapports ils sont faits pour substituer les groupes indéfiniment élargis de gens qui se ressemblent par quelque côté, et en ce sens, — si nos déductions précédentes sont justes, — pour hâter la venue des idées égalitaires.

Aussi, suivant M. Tarde, la vraie cause de ce passage des sociétés du type aristocratique aux sociétés du type démocratique, que Spencer constate comme Tocqueville, serait dans la victoire de la mode sur la coutume. La lutte de la mode et de la coutume serait le secret de toutes les luttes entre les partie conservateurs et les partis libéraux. L'élargissement du champ de rimitation précéderait partout la marche des idées

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