BojssiER. La religion romaine, II, p
nent les groupements qui n'ont en vue, suivant la distinction du Digeste, que « Fintérêt ou le plaisir de leurs membres ». Les collèges qui réunissent les voisins, comme celui des Capitolicns à Rome, s'entrecroisent avec les collèges qui réunissent les gens de même race, comnne celui des négociants asiatiques à Malaga. Les inscriptions montrent que non seulement en Italie, mais en Gaule, mais en Orient, plusieurs associations avaient leur siège dans une même rue, sur une même place. La multiplicité en même temps que la diversité de ces groupements nous permet de supposer qu'un même individu appartenait à plusieurs d'entre eux. Les Antonins prennent soin d'interdire qu'un même citoyen fasse partie de plusieurs sociétés ^ ; c'est donc que la chose était usuelle. Dans une société a la fois aussi antique et aussi ample que l'Empire romain, la complication sociale ne pouvait manquer d'être grande.
Qu'elle doive être plus grande encore dans notre civilisation moderne, rien n'est plus vraisemblable. — A vrai dire, nos institutions n en offrent pas, tout d'abord, la preuve frappante qu'on pourrait en attendre. Dans la plupart des Etats modernes, le nombre des sociétés existant juridiquement est relativement restreint. Le droit de posséder, de contracter, d'ester en justice