‹ Les idées égalitaires: étude sociologiqueChapitre 64 sur 96 · V. BuRKHARDT, Op. Cit., passim · texte numérisé non relu

V. BuRKHARDT, Op. Cit., passim

2. Gourcelle-Seneuil, dans sa préface h V Ancien Droit, de S. Maine.

dations, et inversement les mêmes individus dans les associations les plus nombreuses et les plus variées, est porté à se représenter ce nombre et cette variété comme susceptibles de s'accroître indéfiniment, se figure aisément, au-dessus de ces groupements réels, les groupements possibles, et arrive ainsi a concevoir sans répugnance une sorte de vaste société idéale dont tous les hommes, à quelque société partielle qu'ils pussent appartenir par ailleurs, seraient également les membres. Plus directement encore que leur caractère exclusif, la complication des sociétés diminuera leur caractère oppressif, et aidera l'individu a se poser comme le centre du droit. Une collectivité l'absorbera plus difficilement si d'autres collectivités le lui disputent. Au milieu du conflit des autorités qui se font contrepoids, la liberté individuelle peut rester debout. Ainsi s'explique, par exemple, l'espèce de jeu de bascule dont l'histoire de la compétence judiciaire au moyen âge nous donne le spectacle. On y voit les justiciables invoquer alternativement le régime des lois dites personnelles et le régime des lois dites territoriales* ; lorsqu'ils sont dans la main du seigneur, ils en appellent au roi ; dans la main du roi, au seigneur. C'est qu'ils cherchent a balancer un pouvoir par l'autre ; collectif ou individuel, un maître unique devient vile un tyran.

Page 1