BoissiER, op. cit., il, p. 286, 29'i
Par là s'explique encore l'avidité avec laquelle les les affranchis, désireux de se rehausser dans Testime générale, recherchaient toute espèce de distinctions ; un inférieur à qui sur certains points on reconnaît une supériorité doit bientôt être traité en égal.
De même, plus tard, parce que la hiérarchie de l'Eglise chrétienne admettait des esclaves dans les ordres et les nommait ain«i pasteurs d'hommes libres, elle travaillait indirectement au nivellement des conditions*. De nos jours, l'administration anglaise, dans l'Inde, ébranlera l'esprit de caste, non pas seulement en mêlant dans ses cadres les gens de toutes castes, mais encore et surtout en permettant aux membres des castes réputées inférieures de s'élever, dans la hiérarchie des grades, au-dessus des autres, s'ils l'ont mérité par leurs qualités propres de fonctionnaires^. Les salons du xvni° siècle ne préparent pas seulement l'égalité des hommes parce qu'ils réunissent et confondent seigneurs et hommes de lettres, mais parce que, prisant l'esprit pardessus tout, ils fournissent aux roturiers l'occasion de racheter par la supériorité du talent l'infériorité de la naissance : dans le royaume de l'esprit un enfant trouvé peut être roi. En un mot, la diversité des situations sociales que l'individu occupe dansdesgroupements très variés aide l'esprit dans son