Cité par Lyall, op. cit., p
G. Bouclé. — Les Idées Égalitaires. Yi
paraît le monde à Tidée de Tunité de Dieu — ; il le préparait du même coup, ajouterons-nous, à l'idée de l'égalité des hommes.
Toutefois, nous le savons, l'idée de Tégalité n'apparaît alors que pour s'éclipser bientôt, comme devait s'effacer bientôt l'unification romaine. L'unité d'une société si étendue et si hétérogène ne pouvait être que superficielle. Elle était en quelque sorte promulguée plutôt qu'acceptée, formulée plutôt que réahsée. « L'Empire, dit Duruy * , n'est qu'un grand corps sans muscles et sans nerfs, tenant debout par les seuls liens dont l'administration l'avait enlacé. » Les citoyens ne coopèrent pas assez au mécanisme gouvernemental ; les parties de cet ensemble immense ne collaborent pas à leur propre unité. Si l'on veut, l'Empire romain est un Etat; il n'est a aucun degré une nation. Des siècles devaient passer avant que les sociétés occidentales fussent foncièrement unifiées.
Le défaut d'unité, tel est bien en effet le caractère principal de la société pendant cette période confuse qui sépare les deux moments du développement de l'égalitarisme, le crépuscule du monde antique et l'aurore des temps modernes. Chaque région, chaque province, chaque commune s'isole. Suivant K. Bûcher% on ne peut pas parler d'économie (( nationale » avant la fin