Op, cit., 2e chap
du moyen âge. L'économie reste domestique ; on fabrique autant que possible autour du château féodal tout ce qui est nécessaire au petit groupe. Au xi" siècle, on n'achetait ou ne vendait, nous dit K. Lamprecht, qu'à la dernière extrémité ; l'action unifiante du commerce ne pouvait s'exercer. Mille petits gouvernements se partageaient le pays. Dans le seul duché du Bourbonnais, on comptait 240 seigneuries ; et chacune avait sa loi propre. D'après Beaumanoir, on ne pouvait trouce ver el royaume de France, deux chastelenies qui de toz cas usassent de meisme coutume.^ » Au xvni* siècle, longtemps après que leur travail de synthèse et de simplification est commencé, les juristes distinguent encore 52 coutumes générales. (( Mouvement de localisation universelle^», la féodalité avait pour longtemps morcelé les intérêts et dispersé les pouvoirs. Pendant l'éclipsé de l'égalité règne aussi ce qu'on appelle l'anarchie féodale, (( c'est-à-dire l'absence, sinon de toute espèce de gouvernement, du moins de tout gouvernement central.'^»
N'est-ce pas au contraire un signe des temps modernes que le progrès de la centralisation ? Presque toutes les grandes convulsions de notre siècle cachaient des efforts d'unification.
1. Cité parHANOTAUx, Histoire du cardinal de Richelieu, I, p. 411 Cf. ËsMEiN. Cours d'Histoire du Droit français, p. 289.