C'est l'expression de Guizot
3. Seig.nobos. Histoire de la civilisation au moyen-âge, p. 235.
Il est vrai que les dîlTérentes nations ne s'unifient pas toutes avec la même vitesse ni de la même façon : suivant les circonstances de leur histoire, ici la tâche n'est que trop aisée, et là tout est à faire. Dans un Empire comme TEmpirc allemand, mosaïque de royaumes et de principautés, les anciens pouvoirs locaux opposent au nouveau pouvoir central une certaine force de résistance ; les pays conservent un souvenir assez \ivace de leurs coutumes, les villes de leurs franchises, les universités de leurs privilèges. Pour T Angleterre, on a cent fois répété qu'elle était la terre classique des autonomies. Tous ceux qui sont effrayés des empiétements de l'Etat moderne invoquent Texemple de la Grande-Bretagne : voyez comme les autorités locales y sont puissantes, comme les grands corps collectifs y sont vivants ! « La filiation historique est l'âme de la constitution anglaise. » Elle laisse donc intacte la force des groupements traditionnels, qui conspirent pour protéger rindividu contre TEtat*.
Mais, quels que soient les caractères propres de leur histoire, ni T Angleterre, ni T Allemagne ne sauraient résister au mouvement qui entraîne toutes les sociétés européennes. En fait, dans le nouvel Empire allemand, les anciens pouvoirs locaux ne sont plus que des ombres ; en Angleterre aussi les groupements