‹ Les idées égalitaires: étude sociologiqueChapitre 78 sur 96 · Leroy-Beaulieu, O^j. cil., p · texte numérisé non relu

Leroy-Beaulieu, O^j. cil., p

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lution, qui se préparait en même temps sur presque tout le continent de l'Europe a-t-elle éclaté chez nous plutôt qu'ailleurs ? — Or la réponse que se donne Tocqueville se réduit à peu près à ceci : la France était, de tous les pays d'Europe, le plus unifié. Sous quel aspect se présente a nous notre Ancien régime? « Un corps unique, et placé au centre du royaume, qui réglemente l'administration publique dans tout le pays ; le même ministre dirigeant presque toutes les affaires intérieures ; dans chaque province, un seul agent qui en conduit tout le détail ; point de corps administratifs secondaires ou de^ corps qui ne peuvent agir sans qu'on les autorise d'abord à se mouvoir ; des tribunaux exceptionnels qui jugent les affaires où l'administration est intéressée et couvrent tous ses agents. Qu'est cela, sinon la centralisation que nous connaissons ? * » En ce sens, il n'y a pas de solution de continuité entre les deux parties de notre histoire : la monarchie, en unifiant la France, la prépare pour la démocratie. « L'histoire de France est, nous dit-on, un long pèlerinage vers l'unité ^ » C'est sans doute pour cela qu'elle est aussi une marche vers l'égaUté. EgaUté et unité progressent parallèlement.

Toutefois, il faut reconnaître que ce parallélisme est loin d'être toujours et partout aussi évident, et

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