V. Tarde, De Vopposition universelle, chap. vu
plus différents, il suffit de les examiner un à un pour reconnaître q^e cette identité n'est que superficielle, ou même apparente : au fond, rien n'est plus différent 4>i troc primitif que l^^çlearing-house des banques d'Angleterre, du communisme archaïque, que le collectivisme a la moderne \ D'un autre côté, les ethnologistes eux-mêmes dénoncent enfin ce procédé qui consiste à mettre à profit l'obscurité dont les institutions des sociétés primitives restent fatalement entourées pour leur faire prouver ce que l'on veut, (c Chez ces peuplades errantes et inorganisées, nous dit Post^ (les Fuégiens ou les Veddahs, par exemple), un savant préoccupé d'une théorie pourra découvrir aussi bien la promiscuité que la monogamie, la propriété privée que la propriété collective )) — ajoutons : l'inégalité que l'égalité. — (( En réalité, on n'y trouve rien du tout de cela, mais l'absence même de toute organisation rend possible une infinité de combinaisons qui n'arrivent même pas toujours à se consolider en formes sociales, et auxquelles, en tout cas, il faut se garder d'appliquer nos concepts modernes. Il est hors de doute que la coexistence d'un certain homme avec une certaine femme chez ces peuples primitifs n'a rien de commun avec le mariage monogamique de l'Europe moderne. »
1. V. Demoor, Massa rt et Van der Veldk, V Evolution régressive ^ livre n, 2« partie.