Cité par TocQUEviLLE, L* Ancien Régime, p
sociale peut trouver son compte à élever ceux qui étaient abaissés, comme à abaisser ceux qui étaient élevés. Par là s'explique la politique classique des rois qui firent l'unité de la France, « rois niveleurs », ennemis des grands et amis des petits. Comme les empereurs romains prenaient le plus souvent leurs ministres parmi les affranchis, c'est de préférence parmi les non-nobles qu'ils choisirent leurs fonctionnaires, instruments de la centralisation. Dès le début de leur puissance, leurs missi se présentent comme les « défenseurs de la veuve et de l'orphelin » : ils font profession de tenir tête aux forts et de protéger les faibles. Entre les classes extrêmes, roflîce du centre est de rétablir un certain équilibre. Le fait est si constant que Fus tel de Coulanges, qui se défiait pourtant des lois sociologiques, a cru pouvoir énoncer cette loi * : (( Les inégalités sociales sont toujours en proportion inverse de la force de l'autorité. »
Si l'avènement des puissances centrales diminue réellement certaines inégalités, de combien ne doit-elle pas les diminuer toutes dans l'opinion.^ Les supériorités mêmes qui subsistent ne seront plus entourées du respect ancien. Comparés au pouvoir souverain, t^*^^ les membres de l'État paraissent placés sur au nxcuw* plan, égaux dans la sujétion, pares injldelitate : \^