‹ Les idées égalitaires: étude sociologiqueChapitre 86 sur 96 · Hanotaux, op. cit., p · texte numérisé non relu

Hanotaux, op. cit., p

3. S. Maine, Histoire des Institutions primitives, p. 482, 491.

possèdent le pouvoir, mais encore ceux qui, vivant dans des sociélés unifiées ^ aspireraient à les réformer. Tocqueville a justement remarqué qu'au xvni* siècle ridée d'une législation générale et uniforme s'impose aux gouvernés comme aux gouvernants * . Toute la philosophie politique de notre xviii" siècle pense qu'il convient de substituer « des règles simples et élémentaires, puisées dans la raison et la loi naturelle, aux coutumes compliquées et traditionnelles ». Et peut-être le succès de cette notion, qui avait pris « la consistance et la chaleur d'une passion politique » s'explique-t-il parle spectacle de la centralisation croissante au milieu de laquelle on vivait. — Ainsi l'unification des sociétés aurait en elle de quoi incliner les esprits vers ce rationalisme, épris des idées générales et des règles universelles, qui conduit à l'égalilarisme.

Pour toutes ces raisons, on comprend que l'unification sociale est directement contraire à cette distribution des individus en classes nettement tranchées, qui elle-même est contraire au succès de l'idée de l'égalité. Par définition, l'unification s'oppose au sectionnement des sociétés. Toutes les espèces de groupements à la fois compacts et exclusifs, qui découpent une société en masses nettement distinctes, seront les ennemis nés des pouvoirs centraux. Le progrès des uns entraînera la décadence

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