JOSE MARIA DE U12HEDIA : LES TROPHEES
Le magniflque ouvrage, au titre définitif et triomphal, que José-Maria de Hérédia vient de livrera notre admiration, vivait depuis longtemps par parcelles dans plusieurs mémoires. L'auteur, avant la publication de'ses vers, avait la réputation du plus parfait poète de maintenant, et l'on se récitait dans les cénacles et les salons littéraires ces strophes inaltérables, de cadence sûre, de \ibration inRnie. Cependant le faisceau de ces armes splendîdes décuple leurs forces isolées, et l'on regarde avec émoi cet élégant volume, dense d'évocations et d'images, organisme complet où chaque partie a son existence propre.
Sauf le Romancero et les Conquérants de l'Or, d'une beauté & notre avis moins grande et moins certaine, il n'y a là que des sonnets. Dans ces quatorze vers, Hérédia a pris l'habitude d'enfermer sa pensée. Le sonnet est devenu sans doute comme une forme de son esprit. Il regarde la nature et ie ^■ôve à travers ces pierres précieuses de couleurs extraordinairement variées, mais de forme identique, qui tamisent les rares épithètes, souvent opposées par paires ou juguées, les substantifs hautains, les noms propres singuliers et sonores,
DE HÊFÉDIA I