‹ Les idées en marcheChapitre 23 sur 57 · HODENBACU : VOYAGE DANS LES YEUX · texte numérisé non relu

HODENBACU : VOYAGE DANS LES YEUX

c'eal le flux océanique de Victor Hugo, la nécessaire, l'écumeuse ascension des vagues imagées, c'est le tambourin sibyllique de Baudelaire. qui fait tournoyer des hallucinations et des danseuses sous QQ ciel métallique et vibraut.

Le Voyage dans les Yeux I A lui seul le litre est un cliarme. U'ordinaii-c ce sont les yeux qui Toy&gent.

Car les yeux, mâmement, comme les pierreries

Vivent d'un destin propre, ont en eux leurs féeries,

Contemporains du luxe âgé de nos aïeux ;

Concomitants à je ne sais quels astres vieux ;

Ils possèdent comme une àme rétrogradée ;

Faits d'antique azur, faits d'une perle évadée,

Ils n'ont rien de terrestre et rien de temporel.

Sertis et dessertis depuis les anciens âges,

Dans la métempsycose éparse des visages...

C'est par ses yeui aussi que l'homme est immorlel.

. Jadis, aux époques non d'analyse, mais de spontanéité passionnelle, les yeux ne tournaient point vers eux-mêmes leur visuel pouvoir. Ils servaient depâLlureàlamour. Ils étaient un motif obligé dans le détail des perfections de l'amante.

J'eusse amassé de ses regards Un msgasin de loutes parts .Pour nourrir mon àme estonnée, Etpaistre longtemps ma douleur.

Les anges tous ravis se paissent de tes yeux,

adil le Vendôroois Ronsard, exquis drapeur de lieux communs, dont quelques trop naïfs garçons

pillent aujourd'hui la boutique polychrome. Et l'on entend la voi-x uette et robuste de Malherbe :

Ils s'en «ont ces rois de ma vie.

Ces yeux, ces beaux ycui, Dont l'éclat fait pAlir d'enïio Ceux mêmes des cieux.

Mais bienlôt les jeu-t ne se contentent plusd'ûlre admirés, ils regardent, Ils ont l'univers à découvrir. Le grand mérite du lyrisme, qu'étudie aujourd'hui M. BruDetiëre fut de libëier les regards. Au sortir de la pompe classique et mensongère ils se dirigent vers tous les points cardinaux, ivres de splendeur et d'horizons. Us n'ont, pas le temps de se voir eux-mêmes, de réfléchir à leurs aptitudes innombrables, à leurs héréditaires scintillements. II leur faut engranger les images, par lesquelles se tissent les divinatoires corrélations, les images, genèse nouvelle par l'admirable effort de l'esprit, nébuleuses semées dans l'espace moral que l'avenir résout à mesure en étoiles etsystèmes d'étoiles.

Il n'est point de brouillard comme il n'est point d'algèbre. Qui résiste, au milieu des nombres ou des cieux, A la fixité calme et profonde des yeux.

Quand nos estimables décadents écriront des vers comme ceux-ci, lires de la Légende des Siècles, alors on pourra causer.

Cependant le, gros appoint de la philosophie et de la science devait bouleverser toutes choses, influencer jusqu'à la poésie, Elle serait curieuse à écrire cette histoire des points de jonction, des mulatiëres où se mêlent les eaux de la recherche rai-

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sonnée et de J'iotuition discursive. Souvent les patients travaux des philologues, ouvraut l'ëclusD deslillérattires étrangères, ont permis A dos esprits desÈéchés de retrouver une fraicbcur impétueuse. Souvent la m6l;ijiliysiqiie a pris des ailns, s'est faite Lecontede Liste, Sully Prudhomme. Celui-ci nous ramène aux regards. Rappelez-vous la superbe stropbe :

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,

Ouverts à quelijue immense aurore.

De l'autre oâlé des tombeaui,

Les yeux qu'on ferme voient encore.

Voici les reguids se rejoignant eux-mêmes, tournés vers la vie intime. Du spectacle que donne le monde extérieur ils tireront surtout des comparaisons morales, ils examineront leur propre destinée que laisse passer la prunelle, que lixe laiétine, qu'ennoblit le cerveau. Désormais ils sont susceptibles de la plus grande complexité. Car la réilexion est une vue seconde, plus patiente et moins volage. Encore un pas à franchir ot le po^te philosophe, désespéré de ne pouvoir donner des yeux une idée nelte, se servira, pour les qualifier, d'images tirées de la vision même. Ce qu'ils distinguent les détermine. L'aniilyse deviendra pittoresque et mêlera l'objet au sujet. Baudelaire ouvrf le feu :

Grands yeux de mon enfant, arcanes adorés.

Vous resseml.leï beaucoup à ces grottes magiques. Où derrière l'amas des ombres léthargiques , Scintillent vaguement des trésors ignorés.

Plus près de nous, Maurice Mœterlinck a écrit, en une sorte de prose rythmée, ce merveilleux mor-

ceau, les Regards, que l'on peut lire dans Serres chaudes. Enfin le livre Je Rodenbach qui molive la présente étuile ferme, et ma^çaifiquement, un cycle que l'on pourrait intituler: les Jeux des Regards et de la Poésie. Comme les yeux voient toute chose, on peut voir en eux triute chose. Ils sont comparés à: umjlauqiie aquarium d'eau somnolente oii les pensées sont des poissons noirs, des perles nuancées, des monstres froids ou des infiniment petits, k des vitres qu'un peu de pluie a granulées, i das bsssiiis d'eau changeante qui dort, à des pierreries, à des pays de glace, mystérieux et lourds de nuages.

Et l'on voit, dans des yeux qui se croient gais et beaux, D'anciens amours mirés comme de grands tombeaux.

Les yeux des aveugles, jardins où la me a neigé, les yeux des temmes, des Mêdlterranées, les yeux endormis, couverts d'un tain spirituel, les yeux nomades, les sédentaires, les mornes, les vigilants, ceux des penseurs, des savants, des poètes et des mystiques, tous sont pris en main, une main rafîinée, délicate, disséqués, analysés par un bistologiste de l'âme, portés sous un microscope dont euxmêmes sont l'image et qui grossit leur image, mirés au soleil, à la lueur plus lointaine des étoiles, scrutés.

Plus au fond, tout au fond, dans la maison de l'Ame, Où vont et viennent et s'assoient autour d'un feu Les passions, avec leurs visages de femme.

l'oésie singulière, poésie de miniatures morales, oii l'abstrait revêt des parures concrètes, papillon do l'idée qu'on lacère en le touchant, chapelle

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étroite remplie de dorures merveilleuses, de paifums trop riches oii l'on ne respire qu'à courle baleine, où les atomes chucbotent, dans un air lourd de symboles et de figures, labyrinthe de l'esprit gui, par des voies détournées, nous ratnèDe à l'ezlase et au vague, car ces ruelles minces, surchargées, aboutissent, comme dans les petites villes bretonnes, à la mer infinie et soudaine, A l'échappée d'opium et de rôve qui repose l'imagination surexcitée par de perpétuelles, d'électriques secousses.

mauhiciî: pottecher: le chmiin du mensonge georges rodenbagh : musée ue béguines

M. Maurice i'otteclier a l'amour et le sens des lôgendes. Il sait recoastituer (les milieux de rêve, décors de cristal vibrants et traiisiiiciiies, dorrière lesquels s'entend un piétiaemeiit de foule. U sait îiivenlor de réels détails qui fixent la pensée attentive. Il «ait enfin suivre une H^ne simple k travers le mystérieux dédale des interjii étalions et des symboles. C'est pourquoi il dit toujours plus qu'il ne semble dire et réclame les forcfis de son lecteur qu'il récompense en le charmant. Ce volume, le Cliemia du mensonge, tout bref et concis et tressé d'une dizaine de contes, reste au souvenir une œuvre unique, ornée ettress^illinte, elcomme un bibelot moral. Je ne puis me résoudre à casser par l'analyse ces statuettes si fines et gracieuses qui s'appelenl le Mariage de FàHs, Ombrelles, Bijoux de Noël, les Coureurs, lEarAos. Chacune a son altitude, son geste, sa signifîca' ion immédiate et l'autre, la voilée, à quelque distance, ombre portée par la réflexion. C'est qu'en effet l'art du conte évolue sans cesse et témoigne, sur un champ plus étroit, de l'évolution littéraire. Je commence

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d'ailleurs par afîirmer que je ne croîs nu'lemeiit aux écoles, que l'observation et l'imaginiilion sont, pour moi, qualités de mènne rang qui s'eiitr'aident, que le rûel rortcment saisi vaut, à mon sens, tous les palaia ficlifs et que loules les thèses, symboliques ou aiilrcs, me semblent de vaguesioffOmachit^s d'igooranls et de cuistres. Mais, on dehors de ces balivernes, il est certain que la marche ite l'esprit le porte sans cesse vers des pnrages nouveaux et le détourne des routes foulées. Nous n'avons plus l'admirable vision déformante des vieux âges. Ces erreurs embellissantes ne nous sont pins familières, qui peuplaient la plaine de grands châteaux d'ur et les bois de gnomes prodigieux, di; géants barbus, de fées transparentes. Oui, lorsqu'oii lit, par exemple, les magnifiques contes ga.sco>is recueillis par M. Bladé, on se figure que la force vilale, la force créatrice a diminué dans l'homme. Celte réduction du monde extérieur, qui nous fait voir toutes ehcsescoinme conformes au sens du toucher, qui rapetisse l'univers à notre mesure, trahit une réduction correspondante du monde intime; notre centre se refroidit, comme celui de la terre. Si l'action n'est plus la. sœur du rêoc, c'est que nous errons, affaiblis et désemparés, parmi les ruines des niagnillques châteaux détruits de nos songes; le mirage de l'oasis disparait ; mais la soif reste et nous dévore. De touchants récits, d'amples légendes, tels sont les vestiges de l'époque héroïjue. Du nord au sud et k l'orient, de grandioses illusions figées émigraient à travers les siècles. L'histoire de Barbe-Bleue, celle d'H^mlet, le Petit Poucet ont fait le tour du monde. Elles sont telles qu'un

alphabet ofi chîiqae lettre serait un drame, telles que des moments de l'imaginatioa humaine, ces fables planétaires que l'on retrouve morcelées ou rejointes ou groupées d'une manière complexe dans le Rainayatia commo dans les Sdfja.s, dans le folk-lore breton comme dans celui du pays basque. Et les poètes furent d'abord les porleurs de ces bonnes nouvelles, les vois chantant dans le désert, où l'âme éparse et primitive reconnaissait ses harmoniques.

Un second stade nous est fo:;rni par les chroniqueurs. Après l'âge d'or voici l'â^'e de fer et la légende cède au récit. La Renaissance italienne est un modèle. Femmes délicates serrées contre de rudes armures, jeux de l'amour et du poison, do l'intrigue et de l'adullfere, fréuéliques déploiements d'énergie, passions qni no savent où s'employer et dévient vers le meurtre, le suicide, le voyage ou la dévotion, voilà ce que, dans leurs anecdotes décharnées, mais où restent cependant les détails (ïssenliels, nous offrent Baudello, Sacchellî, Fiorentino et tant d'autres. Ici, nous n'avons plus d'albums de mirages, mais biea des répertoires de violences. Dans ces puits profonds, bourrés de cadavres, puîseotics Shakespeare, les Webster, les Ford, cet admirable Cyrille Tourneur dont la Tragédie du Vengeur fui sans doute l'origine de Lorei-zaccio. Roméo et Juliette, Vittoria Corronibona, Annabella et Giovanni, Vindex, renaissent aux bords de la Tamise et leur ardeur italienne s'enrichit de la fumée saxonne, lourde d'images et d'énigmes. Les grandes, les terribles, les sanglantes actions ne périssent point. Elles servent d'ase au génie créa-

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teur. Autour d'elles se cristallise l'élincelante puis- 'sance poétique. C'est un curieux trajet qu'a parcouru l'histoire de Roméo et Juliette, depuis sa Téslité dans le:* rues de Vérone, A travers Bandello, Belletoresl et Shakespeare, jusqu'aux imagina lions des admirateurs, qui s'efTorcent de hausser leurs sentimeiits vers ce type de l'amour éternel mêlé de haine et la domptant, jusqu'à ces nombreux suicides en commun où le tombu^uesl Is Ht nupti&l. Les Calderon, les Shakespeare, les Balzac sont des univers qui filtrent l'univers.

Aujourd'hui, hélas I la conscience de soi-même est plus grande, et les actes excessifs se font rares. La folie a bénéOcié de ce que perdait l'ivresse de vivre. Pauvre Guy de Maupassant, Bandello d'une époque plate! Ceux qui cherchent s'orientent, semble-t-il, vers de simples récits qui seraient comme des traductioDS,en I.iagage concret,de préoccupations métiiphysiques. Marcel Schowb, Maurice Maeterlinck, Maurice Potlecher, voilà trois parfaits artistes auxquels est confié le sort du conte en langue française. Ouvrez au hasard Le chemin du mensonge et vous serez ravi par un style harmonieux et cadencé comme le bruissement de la mer au clair de lune; vous entendrez chanter les sirènes.

Le Musée de béguines, do Georges Rodenbach, est aussi un recueil de nouvelles, mais d'un tout autre ton. Le poète infiniment subtil, profond et nuancé du Règne du silence et du Voyage dans les yeux, l'impeccable romancier de Bruges la, morte, a voulu cette fois, dans une suite de récits immaculés, nous raconter la vie de ces saintes filles

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du nord au milieu de leurs beaux rêves, di: leurs cloîtres, de leurs travaux embrumés et paisibles. La siijgiiliâre attracLion qu'exerce le silence des ôtres et des choses sur Georges Rodcnbacii! Et comme il trouve de^ mots merveilleux pour le rendce, des mots blancs, ouatés et v;iporeux, où le seDE s'engourdit presque, des assemblages de mots mystérieux et chuchotes, tels les conciliabules des Petites Vieilles, de Baudelaire. Jusqu'ici la peinture avait eu le privilège d'exprimer la magie muette des visages. Ces tableaux de l'existence claustrale, de Itodenbach, rappellent invinciblement les Memling: mêmes lignes sobres, évocatrices; mêmes figures éteintes et pourtant éclairées par l'intérieur; mômes lointains précieux, plissés comme des étoffes ou de furtifs sourires. Entre les contes, et pour leur parure, le poète a intercalé des natures mortes qui complMent l'atmosphère, accomplissent le charme : Leurs Cornettes, Leurs Ciergi's, Leurs Canliques, Leurs Fleurs, Leurs Images, Leurs Cliapelels, Leurs Cloclies. L'on sait ainsi ce que touchent ces doigts fi'êles et p&les, ce que regardent ces mystiques prunelles, quand |iar hasiird elles voient au dehors, ce qu'entendent ces chastes oreilles, dans l'intervalle des hymnes et des o<'aisoQS.

Quant auxrécilseneui-mÈmes, chacun d'eux est comme un aspect de ces émouvantes physionomies morales. Voici, dans Dentelle de Bruges, la description des travaux de sœur Ursule: Sœur Ursule comptait parmi les plus habiles dentellières.: Elle aimait son métier comme on aime una.rt.

Et c'était presque un art pour elle, laissant jouer

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ses doigts dans (es fils de son carreau comme sur les cordes d'une harpe... On aurait dit alors qu'elle travaillait avec des (ils de la Vierge... Ohl ces miracles blancs opérés comme un jeu : toile d'une araignée invisible, ourdissant un roseau où se prennent des étoiles; plan qui semble confus et tout à coup aboutissant, par ces grésils de linge accumulés, à une parure en filigrane toute ciselée. N'esi'pas un bijou silencieux que la dentelle t. ..Elle ajoutait quelque brusque mouuementde son âme à ces canevas immémoriaux, gardés dans l'ordre et que les dentellières recopient depuis des siècles, nés on ne sait comment, au temps des chansons populaires peut-être et anonymes comme elles. Il faudrait eiler tout l'ouvrage, tant les fuiesses se tiennent et s'intriguent, tant les images sont justes et rares et servent & la composition de lieu. Crépuscule au Parloir^ la Sœur aux scrupules, l'Amour du blanc, l'Oiseau de Linqe, la Crèche, les titres seuls sont d'heureux présages. Pour dresser ces rapides silhouettes, Rodenbach a réuni toutes les ressources de son art et de sa sensibilité. 11 ose à peine toucher ces fins profils penchés sous les cornettes, oiseau au vol plié, dont la blancheur les fait rêver parfois que c'est, le Saint-Esprit en forme de colombe descendu sur chacune. La candeur, la douceur, la résignation, la rêverie dans d'étroites limites, de blanches consciences dans des linges blancs et des vierges dans des linceuls, telles sont les adorables niances dont est peint ce petit livre. Ici éclate cette vérité que c'est le choix qui achève l'œuvre. Quant au sujet d'abord: nous sommes dans une

chapelle et la lumière n'entre que parles vitraux; aucun bruit extérieur ne pénètre, si ce n'est le puissant bourdon des cloches et des orgues. L'air est d'encens et de prières. Ces femmes qui passent n'ont presque point de formes corporelles. Dévouées au rôve, elles sont le reflet du rêve qui supprime lo relief et replie ia vie. Ci et là les objets ont, par J'hahilDile, lapalineet la destination, autant d'existence que les êtres; mais ils la répartissent sur la durée, au lieu de lah&terdans l'espace: autour des esprits et des cœurs, il Hotte une vapeur angélique : Rien ne me plaît que la. chanson grise -~ où l'indécis au précis se joint, s'écrie Paul Verlaine. Hodenbach, mieux que qui!:onque, a le pouvoir de jeter sur la phrase une légère écharpe de Un qui laisse deviner,et ne limite pas le contour Son style a des souplesses, des raccourcis presqueinsaisissables. Tel est le don souverain du poète : nous ouvrir, au tournant d'une épUhëto ou d'un verbe, une longue avenue sur les deux natures, ta physique et la morale et leurs correspondances, et, sans effort apparent, nous entraîner vers la lumière.

L'heure est favorable aux frissons nouveaux. Le lent travail des imaginations nous écarte du desséchant positivisme, des formules toutes faites, des affirmations hasardées; il nous écarte aussi des symboles de pacotille, des faux prophètes et des pasticheurs du moyen âge. Des lignes simples, des horizons purs et des émotions, de quelque ordre qu'elles soient, pourvu qu'elles touchent, voilà ce que l'attente réclame. Les temps sont passés des mots sonores juxtaposés au hasard, des vers qui ne

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sont pas des vers, des légendes qui oe soDt pas des légendes et des systâmes soufflés de vide. Les jeunes, qui prêchaient ces doctrines, sont aujourd'hui de vieux et de stériles ratés. Leur rage se passe à creinter dos gloires littéraires. Ils profiteut de uotre indulgent mépris, tant qu'à la fiQ DOus prendrons une aiguille et crèverons ces présomptueux ballons... Quant à moi, je trouve la vie trop courte pour admirer toutes les choses admirables, je considfire comme une sottise vaine de s'attaquer à de-. ri''|iiilalioiis certaines et méritées, je déteste les dans, cénacles, coteries, dogmes, Byslèmes, préjugés de-ci ou de-là, et je ris quand je vois s'ériger en critiques et en juges de pauvres idiots infatués qui ne savent même pas le fraoçÙB.

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