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LES AUTEURS GAIS

La galté (^est la fleur de France. E)le pousse sur les coteaux modérés, tournée vers l'air et la lui mière, et embautii^ toute notre littérature. A chaque tournant on la retrouve sur sa tige de bon S6DS souple et vivace. Mime aux époques tra^> ques, de haine et d'eau-forle en pt«iae morsure, elle interrompt lefi fureucs, dleestune rémissioa, un repos sur le visage du satirique Quand Rabelais, voyageur du mot, botaniste d'idiomes, véhément assembleur d'invectivos, s'assied un instant au revers d'un, fossé de Touraine, cueille et respire la gaitô, quelle détente ! Jusqu'à Pascal qui la rar masse, la mêle à son fouet d'herbes dures récoltées autour^ de Port-Royal, aux Provinciaies. Voltaire l'a tellement portée qu'elle en sécha sur sa maigre poitrine et perdit sou parfum. Tout près de DOQS Renan la pila daas ses cassolettes et la fit t<M]ritûyer devant l'autel du doute.

Or voici Georges Coorleliue qui, à, un niveau plas modeste que ces illustres prédécesseurs, s'annonce com^me un. excellenJt auteur comique. Son derniw volume, les Ronds de Cuir, amusera- ceux qui L'oHvriront. Il crépite de remarques. bouSon-

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nés et vraies, de cocasseries de mot et d'idée, et, sous la loupe de la caricature, la bonté grossit avec le reste, une bonté très curieuse, nuancée d'une mélancolie passagère et Turtive qui rend le rire plus savoureux. Oa trouvera là, poussés en allégresse, tous les tics, toutes les manies, toutes les inclusions de la sottise dans l'habitude qu'exalte la \ie sédenlaire des bureaux. Encore les Ronds de Cuir ne sont-iis pas le clief-d'œuvre de Courleliue. Il est un livre de lui, le Train dehuit heures qusr^nfe-sepf, lamentable odyssée de deux soldais en congé, qui concentre et résume vraiment la servitude militaire sans exagérations ni amerume : L'existence est une comédie pour ceux ui pensent, une tragédie pour ceux qui seniTi(, adit Swift. Ainsi formulé le précepte est faux. Pour atteindre au comique, un certain dosage de l'observation et de la sensibilité est nécessaire qui maintient Tàme en équilibre et la verve en saine énergie. Le 5/° C/iasseiu's, recueil de nouvelles sur la caserne et les oppositions, les fantaisies de la discipline, donne la même note juste et bouffonne. Les deux qualillcatifs iienjbleiil jurer enire eux ; pourtant il est certain qu'une imagination outrancière et à déviations excessives, telle que Mark Twain en Amérique par exemple, effare et déroute les espritsfrançais. Nouerions pea&la pantomime anglaÎEe où l'on s'arrache les yeux, où les dentB tombent comme du riz tandis que la maison s'effondre et que le policeman éclate en morceaux. Enfin Courteline a écrit de-ci, de-l& quantité de nouvelles dont une, particulièrement exquise, £oubour()che,^mise à la scène, frise Molière.

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l'our les Eoiids de Cuir, Marcel Schwob, le conleur déjà célèbre, l'auteur de Ccour double et du Roi au masque d'or, s'est mis en frais d'une ravissante préface où il recherclie l'essence du rire avec fioesse et, chose rare, avec gaîlé. Difllciie sujet que le rire I Les philosophes qui s'y sont attachés, Herbert Spencer entre autres, l'ont fait sur un Ion lamentable. Ou dirait une matinéecauserie, au Palais-Boyal, des employés des pompes funèbres. Schwob considère le rire comme résultant d'une entorse apparente aux lois fatales qui nous enserrent. Le sentiment même rapide d'une liberté possible est allègre. Celui qui tombe par terre nous parait narguer la pesanteur. Il devient une exception momentanée de la nature. La queue de mofs, le calembour nous font rire parce qu'ils créent des concordances arti^cielles entre objets complètement dissemblables.C'est la grimace d'une nécessité. J'ai pour ma part entendu l'anecdote suivante qui vient à l'appui de l'hypothèse: une vieiUe dame racontait en omnibus ses malheurs de famille : son mari était mort d'une insolation au Sénégal ; son premier Q!s avait été tué par les indigènes ; le second avait disparu dans un tremblement de terre. Jusque là tout allait bien et la vieille dame récoltait la compassion générale que méritaient tant d'infortunes. C'était la zone de pitié, de fraternité devant le destin. Elle eut le tort de dépasser la note en certiSant que son troisième fils avait été dévoré par un crocodile. Tout Tombibus éclata de rire.

Certes, l'intervention du crocodile, personnage inhabituel et de nom burlesque, fut pour beaucoup

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danscatte déplorable attitude. Je ferai remarquera ce propos combien les aniniaiix, surtout exotiques, portent fi la gaité. Lu cou de la girafe, la trompe de l'éléphant, le dos rugueux el velu du tatou, !e sautillement du kanguroo, autant d'objets qui dilatent le visage des petits ertfanls et ne sont pas sans satisfaire les grandes pei-sonnes. Cotte adorable confusion d'orgau&B eugéréâcbeziLeâ ans^ ratatinée, rentrés ou supprifflésr chez. les attirée, ^tee à des fbnetioD» fort varmblies, l'«iQ|Mn'teat & coup s4r encomiqaesur les théories évalutivea et Isâ rélleaioaâd.'uii n&rwiD. Toutefois, il dégage aussi son plaiàrlo apectactedu savADtsûi' de itii qui dénombre les vertèin-Qs du cou, les masclte de la trompe, les écaille^du dos, met U-dsssus àa petites étiquette» absolomeat conveutionneUes et fiait par prendre ud artiUce d'étude pourtme théarie eipliquant l'univers, domptanila Providence.

Oui, je deoaftade pordou du i blasphétuev m^s je crois b besogne d'an aMeur comique pluS: haute, plus bienfeàsaotâ; que cellfr d'un zoologue, on d'un botaniste, ou d'un géologue;, ou d'un chimiste, ou d'un physioieQ ou d'un maihématieMQ, ou d^on médecin illustre. Tous ces messieurs, ({oel que soit leur talent, leur génie, nous trempent dans des bains ncàrs, dans des atcoesphëresmoFOses. IlsDOus montrent la proie de lanaturej victimes d'un immense e^renagci où tout est commandé, rétribué, inéluctable. De quelque c6t6 que l'on se tourne, ce sont visages sérieux devant un mur sombre boréé de tombeaBx. Parblen, la vie n'est pas si longue qu'on la passe & signifier la mort ! Les maîtres du rirei, au eon-

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tmirfi, nous donnent l'illusion délicieuf^e que tout suit la volonté humaine, tis nous versent le vin pur et frais de l'acte, bouleversent et casseal ces pipes d'apiums intellectuels, ces alambics, fioles et bocaux. Ils donnent aux chosi^a des figures d'êtres, écstrquillées, bizarres. Le tonnerre éclate de rire. LeSbossesdii sdl, desanimaux, di?s arbres et des bossus proéminent par l'effet dn rire. II est le déformftteur prodigieux, celui qui délie Prométhée et lui fait narguer le vaTitour. Aocumulons, par la bonne huraeur,de reneige sous toutes Besformesl Ce n'est pas peur rien que nous sommes détachés du sM quant aux membres antérieurs, capables du sentiment, ce luxe de la sensation, et du mot, ce lux6 du geste, aptes k a^ter notre physionomie sans but déterminé, pour le plaisir. Viennent les deuils I Vienneaties catastrophes I Elles nous abattront sans nous tuer. Lesouvenir des heures joyeusess'infiltreradansle fleuve ténébreux. Que nos plus durables recoanaissafrces, que nos plus fières statues soient pour Rabelais, pour Swift, pour Cervantes, poarMolière, pour ces amplificateurs de la vie qui nous enorgueillissent de réel comme les poètes nous transportent de rê\'e, qui lèvent le rideau sur la farce étemelle.

B Que de lyrisme pour Gourteline! » vont s'écrier quelques lecteurs. Eh bien, Courtéline a poussé an bon aromcnt, si national qu'il on est presque montmartrois , Parmi les actuels eontordonnistes delà phTase,iI'a la gamba'de nenve et drôle. Il n'est pasméchant.chosedéjà oomiqoe. lia l'œil pittoresque, ]N)reille impressionnable, 1« verbe sau^enu. n^t son bouquet de l'existence courante sans Tien

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mépriser, ni rion perdre. Cent lignes de lui chassent pour une journée la bi!e lie quelques milliers d"âmes. Quand les événements quotidiena s'entendent pour nous attrirster, nous contracter, noua énerver, luine s'ingénie qu'à nous distraire. Et que nul n'ait honte do son plaisir. Il y a sous ce vêlement burlesque assez de talent pour animer quinze pessimistes tons jaloux les uns de^ antres. Cette fougue est ornée quand elle veut, malicieuse ou brutale suivant un rythme original el rare.

Il y aurait une étude curieuse à faircsurlecomique suivant les pays. Rabelais, c'est !a cuve immense où fermente en une foi^ tout notre vignoble de France : te nord, le centre et le midi, provincialismes et caractères locaux sont môles, exprimés en un jus de vigueur, de saveur définitives 0)1 les meilleurs désormais prendront leur liqueur essentielle. Telle est la folie du terroir. Le soleil de l'Espagne a mûri don Quichotte, l'opposition primordiale du bon sens raisonneur et de l'exaltation Imaginative. L'humour saxon, qui se nourrit d'idées générales el souvent se brise en amertume, en désespoir, a donné le Voyage de Gulliverei le Conte du Tonneau, satires profondes, irrémédiables, où le rire grince et devient torture. Mark Twain sort de l'Amérique tel qu'un diable bien autochtone, raillant les réclames colossales el le reportage à outrance. Mais si dissemblables que soient ces maîtres, de vives affinités les rapprochent. Leur faculté d'étonnement leur fait de l'habitude un monstre et de la difformité une habitude. Ils voient selon un horizon incfiDé où les choses et les ôtces roulent, se culbutent.

( ACTElRa GAIS

s'entre-clioquenl. Leur verbe parait neufet grisant et leur œuvre ne peut pas vieillir.

Que ceux que ce problème passionne se procurent le beau livre d'Arsèiie Alexandre sur la Caricature à travers les âges. A la lumière des hauls dessias de Daumier, de Goya, de Callot, de Rowlandson, ils verront plus nettes les frontières et plus nels les points de jonction. Alors le rire leur apparaîtra comme l'inscription musculaire d'un état d'espritsingulier, sorte de lyrisme inverse. La conscience, fatiguée du monde, ne se contente plus de le subir. Elle rôa^'it contre lui et le déforme pour s'affirmer, Quellesquû soient ses multiples origines, le comique manifeste ainsi au summum l'expansion de la personnalité. Il est, en face de la nature, l'attitude guerrière de l'individu.

GAlïniEL HAKOTAUX; HISTOIRE DU CARDINAL.

DE BICHELIEU

Voilà no beau, tin ^nd Uvn. Il «st sans parti pris, mais il n'est pas flotlant, car il a,ccnnme ave, une idée directrice qui est une intention morale. Il est de détail minutieux, fourmillaat de re cherches spéciales, de documents neufs, et tout éclairé par endroits de généralisatiODs hardies. Encore qu'il ne soit qu'un portique et le premier volume d'une série complète, enserrant l'existence du surprenant cardinal, il a l'aspect et l'harmonie d'un tout, un mouvement de pensées et de récits qui lui foat une TÎe individuelle et achevée.

L'analyse d'un pareil labeur serait forcément tronquée, inutile. Que le lecteur curieux se réfère au texte lui-même. Nous noua contenterons de fixer les points de réflexion historique et philosophique qui nous ont paru, danse cette œuvre magistrale, servir de centre et d'appui, autour desquels tout^s'organise et^se coordonne.

Avant la plante, le terrain. Le livre s'ouvre par une description morale du Poitou, contrée à deux visages, à la fois mer et Tnoniagnes, nord et midi, centre et frontières, le Janus de nos

HANtiTXrX : HIST. BU CA1I0. PE HICHBUËCf 'Ï35

pr&cinces. Cest \k l'origine des Richelieu. Cest là (jti'est l«up cliâleau : pays savonreux, de forte empreinte. Toiirnii vers la Touraine, il donne Deacaries et H&bclaiset Viette ; Ls Tontainecl Voltaire au tienoeut iodirâctomoat. Nouâ sommas au cœur de la' tradition Dattwicils. II semblB .que les illustres représoBtaats de cette 'région aient, comme trait commun, ie lamineu's bon «eos, la'iogique Iimpid« et profonde. Ces riualitèB, admira^leâ pour la pensée,queiiedonneront-eUe3 pas â; l'action?!. 'histoire héréditaife des Du Plessis est cru[uileusenient analysée; les deux capitaines Richelieu, le moine Rich«lieu, les Rocbechoiucrt, enfin ce père exlraordinaire, ïe grand prévât^ ie favori de Henri IV, nons montrent une' race véhëœente, prompte k la vengeance, à l'étroit dans un pays resserré et les habitudes étriquées des geniilhommeâ provincianx de l'époque, et faisant parler d'elle très au loin. Le grand prévôt, François de Richelieu, par son union avec nue bonne famille de robe, les Laporte, mêla à an sang tumultueux un filet de cette prudente sagesse qui bride et concentre les forces d'expansion. Ainsi, pou à peu, sans que l'auteur ait l'air d'intervenir, se complète, avant la naissance du futur cardiTfaI, le tableau des hérédités où il puisera, 'des influences de contrée et d'époque qni déterminent par leur union une des plus caractéristiques figures de notre pays. Nous remarquons que Richelieu ne fut pas oompièlement le fils de ses œuvres. II eut d'emblée, un nom, des relaiîons puissantes, l'appui de la -clientèle p«ternel)e, les vingt années gagnées d'aoanoe dont puio Pascal. Cest 4 Paris qo'il naquit, aedon toute v

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blance, le 9 septembre 1585. Les première études, les anni^es de collège et à l'Acadi^mie de M. de Pluvinel, la vocation el les travaux ecclésiastiques, tout est raconté avec une inlirailé charmante. !1 arrive trop souvent qu'ayant à montrer un grand homme, l'iiistorien le voit tel dès le berceau et ne le touche que d'une main respocliieusa, en tremblant, ici rien de semblable. L'adolescent se crée, se développe à loisir, ni précoce ni tardif, et ses merveilleuses qualités d'équilibre sortiront, comme il faut, A, la maturité. Il est nommé évéque; il brille en Sorbonne. 11 va à Home. Serait-ce une Joi du destin que la plupart des héros, comme dirait Carlyte, dussent recevoir le baptême de l'Italie! Richelieu se mêla à la cour des cardinaux, aux intrigues. Il prit sans doute sur le vif quelques décisifs enseignements, des axes d'expérience. Nommé à l'évéché de Luçon, iladministraavec habileté. Ici s'intercale un bien curieux chapitre sur les amis de jeunesse, ces amis que subit et domine tour à tour une intelligence supérieure, les premiers jansénistes, Duvergier de Hauranne et l'abbé de la Cochère, Bérullo, enfin cet énigmatique père Joseph qui fut l'imagination ardente au perpétuel service d'un ambitieux froid. Quel singulier état d'esprit révèle cette correspondance du père Joseph avec les petites nonnes d'un couvent du Poitou, dont il diiige de loin les consciences au milieu des plus grandes affaires. 11 les appelle ses chères filles, ses chères colombes, il leur raconte les soucis du pouvoir. De semblables lettres nous introduisent dans des régions que nous ne soupçonnons guère. De ces cœurs aux ondes mêlées il

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reste peut-être encore aujourd'hui des vestiges. Les véritables intrigues commencent pour l'évéque de Luçon avec les élections aux Etats généraux de ■1614. Il était venu une première fois à Paris flairer les grandes afTaires. L'heure n'était pas favorable. Les portes ne s'ouvrirent point. Cette fois il revient pourla réunion des; Etats, fier de la réussite, et du vent plein ses voiles. Il n'a pas trente ans. Voici le portrait que trace de lui ilanotaux.

Sur un corps maigre, droit, élancé, une figure longue et pâle, encadrée d'une chevelure noire, tombant en boucles abondantes, un nez long, fort, busqué, se rattachant, par deux sourcils élevés, comme étonnés, à un front imposant et grave, une bouche charmante, pleine k la fois de volonté et de sourires; l'ensemble de ces traits expressifs caractérise une physionomie dont la forte construction aquiline se dissimule encore sous les grâces de la jeunesse. La moustache, relevée gaiement à la sotdade » et la royale, taillée en pointe, affinent et allongent encore cette figure triangulaire qui s'aiguise et luit dans l'acier d'un regard vif et tranchant... Vêtu de la robe violette, coiffé du bonnet carré, portant le large col blanc qui convient à la pâleur de son teint, la main en avant, allongée et très flne, jeune, prompt, fébrile, l'évéque de Luçon s'avance dans la foule des inconnus, du pa» ferme d'un homme qui se sent parti pour les longs chemins.

Ici la toile se baisse, et ce n'est pas une des moindres originalités de ce premier volume qu'elle se relève sur un immense décor de la France eu 1614, au moment même oîi Richelieu arrive aux affaires. Nous avons assisté k la formation de ce jeune caractère. Nous allons voir maintenant la

masse (ju'il doiL mouvoir et pélrir. Nous saiàrons entre celte pâte fluide ell'oumer les concordances qui permelteril le succès, les discordances qui font l'obst&clo. Nous comprecdroas coauaeat l'homme d'Etat suit et guide tour à tour le dévdeppemeut de son pays, d-es miBurs aux institutions et de Hi»tinct & la coututne. Cela c'est le côté ^^ve, le sausaol sérieux. Mais que de constroctions -élégantes et frftgîles! Hanotaux est autant écrivain qu'historien j.par U il relève de la critique littéraire. Ce . qull a voulu poar cet ouvrage qui est une part de lut^méme, c'est un style adéquat à l'é^oifue, c'est àniire Eans discours «i ordemeots vains, précis et un peu sec et dont la savaur Devienne que par l'usage, ainsi que pour ces petits fruits des ehamps dont on «hen^e le goût par la 'quantité. Ses phrases seirées et'«ourtes réjouissent la nison avant l'œil ou l'ofeille. La tentation était dangereuse : raconter un ^es pères de ta tcadition et ne jamais tomber dsas ie baoal. Lenteur y a réussi, grâce 4 «ne idcntîiioation complète avec les ^ens qu'il restitue à la >vie. Il revêt leurs <pri- JDgés, leurs querelles, leurs enthousiasmes. C'est un tour de forcedeiinlmétisme. Usez cet aperçu des^ovÎBces : ji^iMlle connaissance {iroftMide des caractères, des relations et des divet^gonoes formées entre le nord et le midi, l'est et l'ouest I Ces cadres mêmes sont trop Taetes. Hanotaux s'attache au détail. 11 a question<né le Gascon, l'Ardéchois, l'Auvergnat, le Lyonnais. Il a regardé les plaines du Beny et du Poitou, les vallées grasses et noires de ToaraiDe; il sait que le Breton n'est presque pas Français et qoe le CSiampeaois l'estabsolument,

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résolument, concentre sur son petit miroir moqueur les traits les plus vifs du tempérameiiL el du caractère national. Il juge objectivement ces variétés, sans prendre parti, comme un naluraiiste, étiquetant les groupes ot les individus. Il ne se laisse pas griser par le verbe comme Michelet, amporier par uaa fougue ajnpliliante A lu Garlyle, mais sa verve Douirte D'omet rien, ue laisse ri«a dfius l'rombtea. 11 sait que ca tableau des previoees est un des élémeats actifs de son oeuvre.

C'est qu''eii effet, il y a une thèse dans c&bte Histoire du cardina.1 dv Richelieu,, une thèse qui nnime tout, passioBuée sous des dehors calmes. C'est )a défense de L'idée de patrie. Vous criez : qui la met en doute? Hélas! beausûup de monde aujourd'hui ; je ne parle même pas de telle ou telle patrie. Mais des penseurs, et non des moindres, ont célébré la fraternité universelle qui n'est que le premier bégaiemcLil de rinterBationalisme menaçant, et.ilestremarquablecombifinlesraisQns d'intérêt revêtent dès l'abord des masques sentimentaux. A la façon dont Hanolaux défend la centralisation, l'idée jacobine, puisqu'il faut lui donner son titre moderne, nous devinons qu'il l'assimile à l'idée de pairie. Elle est le levain qui dispense aux citoyens laforce, sans annihiler les différences. Et c'est parce que Richelieu lui paraît le plus haut représentant de cette image si forte et féconde qu'il l'a choisi, et qu'il nous explique son bistoii-e, où il voit l'histoire de chacun de. nous en tant que Français. De la façon dont notre payss'organigera, se groupera par agrégats d'importance décroissante, mais soumis à une autorité centrale, mais

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