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VOYAGE EN ORIENT DE S, A, I. LE T-ABËWITCII

Bombay lui sembla d'abord une déception. C'est qu'à Bombay on voit surtout l'Angleterre el celle manifesLalion brutale de la force domptant l'intelligence n'est pas belle. La puissance de la Grande- Bretagne est toute de substitution. Elle remplace les mœurs, elle éteint l'oilgiualilé dans les bibles, l'alcool 9l les développements du sens pratique. Combien, en dehors do toute question politique, l'influence russe eût été aux Indes plus curieuse et plus profitable ! L'insinuation crée des merveilles. Elle régénère les facultés engourdies. Eile recivilise su lieu de àôleuire. L'aplilutle des Slaves II comprendre est inTinie. Ils admettent autant qu'ils émetlent. La race anglaise est si rude, si âpre, que les rameaux qu'elle pousse hors d'elle se séparent d'elle brusquement, à leur heure, quand la sève saxonne est prèle en eux. Ainsi de l'Australie, de l'Amérique. Aux Indes, les choses se sont passées autrement. Le monde de l'ancienne Asie est mol, épuisé par toute l'énergie qu'il dépensa jadis surla planète et dont nous avons tous une parcelle, car il fut un deuxième soleil, aujourd'hui bien refroidi. Toutefois, ses forces de gravitation n'ont pas en- Uèrement disparu. Laréuo/iedes'cipayes fut un bref retour derayonnement. On devine vaguement que sur cette grande et curieuse secousse les pa^ rotes capitales n'ont pas encore été dites, Fanatisme, s'écria l'Angleterre. Reprise de la race, pense-t-elle sans doute en secret. Dans un sol aussi labouré que celui des Indes, les germes ne sont jamais toul&fait morts. Qui sait si la greffe musulmane ne réserve point encore là des surprises ?

Quoi qu'il en soîl, S. A, I. le tsarewilch dut emporter de l'Inde actuelle une image presque complète et troublante. Il est impossible d'analyser ces pages brillantes et subtiles sur Ahmedabad, Ellora, le pays du Kizam, les ruines d'Amber, Djeypour, Jaypour, Delhi et les rives du Gange. Qui les lira profitera. Notre littérature n'est point fort riche sur ces contrées, hos admirables récits de Jacquemond portent aujourd'hui leur date. Ils restent, en iletiors de l'art qui est infini, de précieux repères. Us ne seraient plus de bons guides. André ChevrilloQ, dans un récent ouvrage, a peint de gracieux aspects, des tableaux soignés. Il s'est volontairement tenu il l'écart des mteurs. C'est qu'aussi la besogne est immense et décourageante. Pour décrire un lambeau du sol hindou, queue doit-on pas être ! Poète, au sens le plus noble du mot, linguiste, archéologue, philosophe, religieux, ethnologue, anthropologue. Sil'ageûce Gook avait pu réunir dans un de ses voyages Darwifi, Max MuUer, Burnouf, Spencer, Victor Hugo et quelques autres, peut-Étre posséderions-nous à l'heure actuelle un Coi-piis indicum sufllsant. Voyez un peu toutes les fois que, par le progrès de la science, le culture hindoue a pénétré les litlÈralurcs occidentales, les ravages heureu.'i qu'elle a produits et les trésors iacoinmeiisiifiibles ouverts au.ïifliaginalioas. C'est à se demander si la pensée d'Occident, dans ses maaifestations les plus royales, n'est pas unepriacesse transportée à demi somnolente que, d'époque en époque, un messager delà-bas réveille et met à nouveau de contact avec le tourbillon delà vie. Dans les'grands moments lumineux de l'esprit du

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