‹ Les idées en marcheChapitre 9 sur 57 · LE DÉSIR : SHAKESPEARE ET MALZAC · texte numérisé non relu

LE DÉSIR : SHAKESPEARE ET MALZAC

eelOD lesvoUes du dialogue; car Shakespcaro est, & une seconde de dislance, dans l'intervalle. d'Olhelio k Desdétnoaa, au p6le de la rage ou au pAIe de la douceur, el ces luutalious lui sont aisées. De même, Balzac passe sans peiue du corps de la duchesse de Langeais dans celui de Montrivaux : il se joue des passions contradictoires. Or ces métamorphoses sondaines se font sous le coup de baguette du désir et nous voyous mainlenant, dans son plein, resplendir l'axiome de Spinoza. L'essence de l'homme donne à l'homme la faculté de revêtir les masques les plus variés, les plus opposites d'expression. Le désir, c'est la fronde qui lance tout noire petit système sensible, raisonneur, instinctif dans tel autre système dont il prendra ia forme. Le désir, c'est l'élan primordial qui nous met en marche dès que nos pieds peuvent nous porter; mais alors que le commun des mortels, doué d'une intensité moyenne dedéîir, marche dans un seul domaine et vers deux ou trois seuls objets, ces intellectuels effrénés que furent Balzac et Shakespeare sont entraînés parleurs désirs dans les régions suce^sives de l'âme.

Désir qui met en branle une suite infinie d'images : nous tenons iàles termes du problème. Balzac pense à l'espion, au mouchard. Aussilât il veut ce - qu'ils veulent. 11 flaire par leurs odorats. 11 entend par leur^ oreilles. 11 voit par leurs yeux. Il atteint le summum de la curiosité, du besoin de trai- Irise, de traquenard el de piège. 11 se rue dans la bassesse avec cette allégresse spéciale aux forts entre les forts,aux createursinfatigables.il est Couten- Bon, il est Corentin, il est Peyrade, il est le plus

LA rERVERSlTK DANS LA LITTERATURE

Il est un art parfait et sain oix l'homme trouve amplifiées, haussées, ces belles lignes droites des sensations et des sentiments naturels ; clairs horizons de repos et de rêve qui s'étendent de Virgile à Lamartine. Il est un art de tumulte et de vigueur où l'adolescence épuise le trop plein de ses réserves, oi'i la vieillesse exalte ce qui reste en elle d'adolescence, et cette créle volcanique flamboie de Lucrèce à Victor Hugo. Mais il est aussi dans l'art une zone douteuse de crépuscule où les parties troubles de notre iihaginalion sont parfois attirées. Ici, les nuances sont charmantes et maladives ; il flotte une vague odeur de mort ou d'approche de la mort qui fait s'écrier : « A quoi bon la morale et ses dures barrières puisque toute cendre humaine s'éparpille autour des tombeaux !»0n entrevoit des formes gracieuses et souples, de flottants, de légers quadrilles où rien ne maintient plus la passion, où chacun s'abandonne et se grise. Cette atmosphère de hâte et de volupté énerve : « Au picotement de mes pouces j'ai senti l'approche d'un damné, t dit une des sorcières de Macbeth. On devine la présence invisible du mal. Telle est l'impression

LA TEnVEHSlTÉ DAK8 LA LITTÉBATCBE iS

au jour tombant d'un de ces vieux tableaux oii s'étagent, chargés d'exeniples eld'anlithèBes,le jiaradis, l'enfer, le purgatoire. Les flammes des damijÈs éclaîrenlles robes des saintes, les froides et humides régions intermédiaires ; inquiétant mélange aux origines lointaines et profondes lueurs de certains regards, nrome do fleurs empoisonnées, adorables !

Les époquesd'énergie, comme le xvi' siècle, so prélent peu aux subtilités perverses. Les violents ne savent point dissoudre. Je parle pour la France, caria Renaissance italienne produisit Machiavel, un des principaux parmi ceux qui nous occupent, si arlificieux qu'on l'a toujours mal compris et accusé de prôner le vice, alors qu'il s'exerçait seulement à en ex traire la vigueur réelle, ne vantant rien, ne dénigrantrien,pas même l'assassinat, n'ornant rien, désireux d'exposés lucides, lia/ait l'œil d'un naturaliste ; mais ses plantes à lui, c'étaient les hommes ; ses animaux, les sociétés; et ses roches, les territoires. Il a étudié le tyran comme Darwin les orchidées ou les coraux, et, plein de calme au milieu des tempêtes, observé Borgia grimaçant. Sa puissance à décomposer l'automate le lapproche de Spinoza et de Montesquieu ; seulement sa perversité est dans le choix. Au lieu que l'auteur de VEthique et celui de VEsprit des lois sont encore des demi-passionnés, malgré leur apparence de pure raison, et donnent la prééminence à l'invisible sur le visible, au bien de tous sur le bien de chacun, à la liberté sur l'oppression, au droit sur la force, au lieu de cette logique généreuse quoique ' serrée, ardente suus la glace, Machiavel ne tient

nul compte deâ lois morales ou autres établies par l'homme et va par goût vers le méchant comme vers l'indiscutable pouvoir. C'est la plus baule forme de perversité, Vintûlhrtuelle. Certes, aea sens aussi sont touchés, car il détaille complai» sammeiit les massacres. 1! savoure dans son récit de la peste de Florence la belle créature étendue sur les marches d'une église parmi les horreurs du fléau, les efTarements des dernières convoitises. Mais ce sont des rares échappées. Il retourne vite k son impassible dialectique, à sa minutieuse analyse du cruel. Il savait bien, lui le devin, que l'aspect (oui nu des vices triomphants attire les tajbles et les brûle, qu'un livre corrompt U'autaat mieux qu'il s'adresse aux esprits les plus hauts, car ceux-ci en dominent des groupes d'autres qui déformeront la doctrine et p:opageront le venio. On ignore la portée d'un ouvrage tel que le Prince, Sa zone de désastres est peut-être immense.

Vint le xvii' siècle, qui nous donna Phèdre, ce chef-d'œuvre de perversité sentimentale. La passion se nourrit de carnage. Elle adore les lois méconnues, quant à la race et quant à la famille, les baisers qui domptent les codes et les mœurs ; elle est heureuse de se ruiner elle-même par ses excès, ses monstrueux détours, d'entraîner dans son tourbillon des innocents, des effarés, de meurtrir des &mes et des chairs délicates :

Que ces vains ornements, qat ces voiles me pèsent...

Certes, pauvre reine, dans l'ardeur qui vous b:ûle, vous ne pourriez plus supporter qu'un coït-

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tact, celui justement que les dieux et déesses, sauf une, vous défendent ! Et ce qui est pervers, c'est le détail de l'irrésistible, de l'illicile attrait, cette volonté brisée qui se traîne vers l'abirae et le deuil, pleine de sueur, d'angoisse, emplit de gémissemenls, de rugissements ces froids palais de Racine où les passions sont les seuls accessoires. Dans les souffrances de Phèdre la peasée du spectateur et du lecteur s'enfonce et descend toujours. On ne trouve point l'arrêt, le choc qui fait songer « j'y suis ï et limite l'admiration. C'est le privilège du domaine maudit que nous explorons qu'il est sans bornes ni frontières. La raison, la logique ici feraient sourire, et, tandis qu'un premier degré nous œëDe au ravissement par la musique du vers et la pénétration des chambres à Loriuie du cœur, un second aboutit à des nuées rêveuses, multiformes, spiiituellcs, qui nous bercent sans trêve et font de Phèdre, pour quelques uns, une crise de l'àme. Voici au xviii^ siècle le biéviairc de la perveriilé sensuelle, les Liaisons dangereuses. Dans cette meute à la poursuite du plaisir, on voit en tète Valmont, l'élégant, le fin lévrier, et Mme de Merleuil sa compagne, aussi rusée, aussi guerrière que lui. Nous retrouvons encore ce singulier sligmate de l'analyse qui pousse à établir des lois sur le saccage de toutes les lois. Les personnages complexes de celle émouvanle sociélé se regardent agir, mentir et tromper ; ils induisent et déduisent ; la corruption est leur laboratoire oii ils soumettent les substances morales à de surprenantes alchimies et parfois un bocal éclate dans leurs doigts sveltes et parfumés : Le plaisir commsnce quand l'amour

iti LES IDÉES EN MAROIBI

cesse, est l'axiome fondamental inscrit en lettres de sang en tête de leur manuel. Suivent des échanges de formules et recettes pour éteindre en soi la pitié, le scrupule, le remords, éveiller en autrui les formes fulgurantes de la convoitise. Ni Valmout, ni Mme de Merteuil ne croient .au spontané, ne cueillent les fleurs nalurclles, II leur faut la combinaison, la serre chaude et le subterfuge. Quand leurs roueries causent un cadavre, c'est parfait. Ils le pleureront m6me pour savourer la joie des larmes mêlées de feinte et aussi, comme dit La Koclicfoucauld, parce qu'Us voudraient être p/«urcs.

Il semble que Gcetlie se soit souvenu de cet e.vtraordinaire ouvrage qu'Henry Céard a remis eu honneur chez nous. Les Affinités électives sont aussi du genre pervers et font la Iraosîtion du sensuel au sentimental. Sous des formes et dehors bourgeois, ses deux couples en villégiature échangent en furie passionnée autant que le chevalier, la Présidente de Tourvol, Valmout et Mme de Merteuil. Ils jouissent du destin qui les accable et s'enferment à chaque instant pour déguster leurs remords. Ils ne les épuisent pas. lis en gardent, un peu pour le lendemain. Dans les bras les uns des autres ils pensent sans cesse aux absents, superposent des images défendues, stimulent la volupté par l'esprit : puis ils so lamentent devant leurs miroirs et descendent ensuite au jardin s'apiloyer sur des roses fanées ou des petits oiseaux grelottants. Car le genre précieux et le genre pervers ont toujours fait excellent ménage. J'imagine très bien la débauche envahissant l'Hôtel de Bambouil-

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lot et ron s'est toujours embarqué sur ie même bateau pour CylliÈre et le pays du Tendre.

Plus prés de nous Chateaubriand, ce fils grandiose de la mer et de la mort, a écrit René, bref et pénétrant blasphème. La perversité est ostentatoire ; elle est autobiographique. On n'invente pas ce tour d'esprit, on le raconte lorsqu'on l'a. D'ailleurs, en ce cas, poésie n'esl nullement délivrance et le récit du péché est lui-même un délicieux plaisir do confession. Rappelez-vous le mot de l'Italienne qui, savourant un sorbet devant le golfe de Naples, près de i'homme aimé, sous les étoiles, regrettait quc'co ne fût point un sacrilège. Ainsi la jouissance eût été complète. Quant à Rousseau, dont descend tellement toute la sensibilité moderne, il fut certes atteint de perversité, mais la force des Confessions réside surtout daus les tableaux do la nature et les sentiments naturels.

Avec Charles Baudelaire intervient un élément nouveau, le satanisme. Celle déviation romantique, où il entre à parties égales de la peur religieuse et du be.soin de pose, gâte un peu la bizarrerie sincère. Cependant maint petit poème en prose a sa note maligne et troublante, certaines fleurs du mal engourdissent vraiment du sommeil à images louches.

Si, terminant cette revue rapide et nécessairement incomplète des diverses formes de la perversité littéraire, nous voulons définir cette tendance et ses causes, il nous faut rapprocher du spectacle incessant de la misère et de la mort, qui accable quelques imaginations particulièrement représentatives et fiissonnantes, un goût presque maniaque

de l'analyse, une poursuite sans répit des cliaùies d'idées et de sentimenla. Alors la faculté de s'émouvoir subit des sautes do uiveaii considérables, tautâl monte au sunimuai, lanlût tombe & ni^aat: l'esprit ballollë, surexcité, m&lé par la passion el la soutiaitaot toujours, se dôvore luimême, cherche à se procurer des joies factices. Je caiactéiiserais volontiers la perversité : l'efforl & reconstruire artificiellement des sentiments naturels. Provoquer la douleur d'aulrui pour goûter avec lui le plaisir d'être trisle ; combiner des désastres moraux pour en aimer les victimes; jouir de la houle, du mépris et du remords; adorer le danger, les adroits détours quidésoigiiuisent, Is franchise icilcmpcslive qui fait explosion : se comjilaire dans l'aveu pour haïr celui à qui l'on s'flSt coMlié. Autant de biais pervers et malsains qui sont à la fuis hunheurs d'architeclcs et d(^sespoirs de coeurs desséchés. Mais on doit convenir que ces traits de caractère, détestables dans la \ie courante, ont donné des œuvres darl exquises, d'énergie unique.

LES GRANDS EVOJ.LTiKS

Tous les hommes changent avec l'&^e et tous prennent une conception de plus en plus large de la vie. La douleur surtout frappe à mesure des années à toutes les portes du sentiment, les ouvre sur des régions nouvelles de l'àme, amplifie l'horizon moral. Il semble qu'ainsi le développement de l'être se poursuive par grandes étapes jusqu'aux extrêmes limites de l'exislence, et des bourgeons commencent seulement à frissonner et à fleurir, alors que les racines perdent leur sève et que la lige se racornit. Ce fait universel prend une valeur toute spéciale chez les hautes intelligences. Les acquisitions multiples de l.i sensibilité, l'école de la souffrance, les crisesde la quarantaine, de la cinquantaine et de la soixantaine éclairent d'une lumière imprévue la réflexion et la culture. On voit, spectacle admirable, de vastes esprits changerlcur route, déposer et dédaigner parfois le bagage brillant de leur gloire et marcher d'un pas affaibli, mais certain, vers ce qui leur est apparu comme vrai à la faveur de leur évolution.

Voici le comte Léon Tolstoï. Il avait écrit des livres d'une objectivité complète, d'un saisissant

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relief. Son ferme regard tmnsmetlaitla nature au robuste cerveau qui l'organisait, la haussait, la rendait à l 'admiration de ses conlemporains par maint chef-d'œuvre. L'auteur de Guerre et Paix nous apparaît encore comme un inattaquable reprasentantdurealisme.il ne jugeait rien ;it racontait ; il enchaînait les documents, les souvenirs, lestraitsde caractère avec l'indépendance, la vigueur d'un naturaliste tel que Darwin, d'un physiologiste te! que Claude Bernard. Toute son énergie sentimentale, il la donnait à ses personnages ; il créait leuis types avec sa force, et cette force et ces types sont et [resteront inoubliables. Et voilà qu'un beau Jour sa poésio ne le délivre plus. Il se joue en lui un de ces drames intimes auprès desquels Ibsen paraît paie. Un tremblement de conscience brusque, amené peut-èlro par une infinité de causes lentes, lézarde sa vision réaliste du monde. Au fond de chaque crevasse, déchirante et saignante, lui apparaît un immense point d'interrogation : ï Que faire ?» Il se dit et se répète avec angoisse : « A quoi a servi et servira mon œuvre'? Ces récits qu'on admire n'ont qu'une valeur de vanité. Si je suis venu au monde, si j'y ai apporté des moyens que tous ne possèdent pas, c'est dans un but supérieur, en vue d'une destinée providentielle. » Désormais, plus'de repos pour lui qu'il n'ait découvert la doctrine où s'apaiseront ses scrupules, où se résoudra le dur problème, où son énergie devra s'employer. Ce n'est pas tout : il lui faut mettre soa existence d'accord avec ses nouveaux principes, choquer et bouleverser la morale conventionnelle, abandonner toutes ses habitudes

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qu'il considère maintenant comme une rouille de jfréjugée ntifastes. L'opinion le croira ramolli, que lui importe l'opiciioii ! El les contemporains assistent avec stupeur à ce speclacJe d'un esprit comblé , des satisfactions les plus diverses et qui arracha pièce à pièce ses ornements, prêche à l'Europe incroyante ou sceptique une sorte de christianisme sans concessions, s'avance d'un pas calme et tranquille vers un idéal de pureté, de renoncement que les plus résolus entrevoient d'un œil de doute. Ce qu'on admire toujours, c'est l'inflexibilité de l'allure, les ressources d'une force indomptable qui a quitté l'inspiration romanesque pour se porter entière sur une œuvre de prêche et d'action. On peut'nepointcroire à la religion de Tolstoï, mais il faut s'incliner devant sa sincérité.

Ce dernier ouvrage, le Salut est en vous, autour duquel s'est fait un vaste et mystérieux silence, n'est point d'un illuminé, mais d'un dialecticien merveilleux Si Rousseau révéla la nature extérieure, la splendeur des chênes et la douceur des sources, le moraliste russe, avec une fougue égale, parcourt les rudes paysages du devoir, trace un sillon indëviable et parfois atroce, stimulant d'une voix forte le bœut fraternité et le bœuf jusiice, insensible à la clameur environnante. Les pages sur le dogme de la non résistance au mai par la violence témoignent d'une faculté déductive et logique à la saint Thomas d'Aquin. Ici une foi récente et primitive tout ensemble s'étaye d'arguments soii- . des, dédaigne le î'e crois parce que c'est absurde , el, les prémisses posés, va jusqu'aux conclusions extrêmes d'un pas de prophète et de martyre. La

îi'l LES IDËCS EN «AnClllS

confession du comle ToUlol, c'esl lo Sermon su^* lamonlagne. Il étailtellemout obscurci, ce pauvre sermon, tellement aJTaibli par Jes intcrprélatioDS fausses, des gloses erronées, qu'il avait perdu son sens lumineuï pour des esprits que gâte uue éducation stupide et positive. Ce sens, l'auteur du S3.(ut est en «oit? le restitue et le développe avec une majesté dont jugera le lecleur sagace. Gertea de pareils livres sont en dehors du siècle. L'effort qu'ils réclament et proclament, nos consciences ne peuvent l'accomplir. Mais leur beauté divinStoîre est toute frémissante d'avenir et l'on doit un immense respect au grand vieillard qui marcbâ en avant de nous, dépasse notre horizon rétréci, s'enfonce dans dos contrées morales solitaires M désolées où plus tard s'élèveront des villes, où te vulgaire installera son âme médiocre. Ce qui frappe dans l'évolution de ce penseur, c'est qu'elle iM peut plus s'arrêter, 11 marche jusqu'à l'c.vtréraede ses théories avec une violence douce et irrésistible. Quelles angoisses doit-il éprouver quand il aboutit à un cul~de-sac, A un de ces murs où se heurtent même les prophètes? Puis il y it la pression de l'entourage, la lutte des affections et des amitiés avec ce que l'àme envisage comme son décisif devoir. Terrible et instructif calvaire oii se mesure la puissance de la conviction.

L'antithèse naturelle à cette évolution du réel vers le mysticisme nous est offerte par Ernest Renan. A ce philosophe élégant et contradictoire, tous les doutes qu'il devait orner dans la suite durent paraître petits et légers en comparaison du grand doute primordial où sombra sa croyani^e.

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