‹ Les Idées Modernes d'Organisation: Leur Influence SocialeChapitre 13 sur 25 · LS EE · texte numérisé non relu

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mène de rente au profit des employeurs. El y aurait donc lieu de créer, et nous reviendrons sur ce sujet en détail, un système d’index numbers des facteurs de la production et en particulier du travail, à côté des index numbers actuels de la consommation, dont le rôle est si important dans l'étude des phénomènes économiques. Or, dans les pays qui ont participé effectivement à la guerre mondiale, il y a eu une véritable inflation de la circulation fiduciaire, et en même temps un accroissement énorme de la dette publique, une majoration importante de prix. On objectera que les sâlaires aussi ont subi une hausse importante. En outre du fait que cette hausse n'a pas eu la même importance dans toutes les professions, il est peu de ces dernières où la hausse ait été en rapport avec le prix de l'existence : il est. vrai que les vivres, les vêtements, les articles de superflu ont vu croître leurs prix, mais d’autres articles; nombreux, n'ont subi qu'une hausse très falble ; les loyers n'ont presque pas supporté d'augmentation, beaucoup d'ouvriers même n'ont pas payé les leurs, supprimant ainsi de leur budget une dépense importante. F |

Ce qu'on peut dire de la crise actuelle des prix en général, c'est qu’elle est anarchique et mal ordonnée : il y a relativement peu de nouveaux riches, les salaires ouvriers ont à peine été doublés en moyenne et ceux des fonctionnaires et des employés, si nombreux en

France, ont été assez peu augmentés jusqu’à présent.

Aussi une des premières revendications des salariés est la consolidation des indemnités temporaires, qui amènerait plus de stabilité dans leur budget.

La crise actuelle, avec l’énormité des dépenses de guerre, a amené une certaine dépréciation des unités monétaires des pays belligérants, bien que leurs billets se maintiennent, au moins pour les Alliés, à un taux relativement haut par rapport à l'or ce qui indique ure bonne situation intérieure: Mais, l'or arrive à jouer actuellement un rôle presque secondaire ; ce qui importe en définitive pour définir la richesse d'un-pays n’est pas son stock en métaux précieux, c’est sa capacité de production pour l’économie interne et sa capacité d'échange pour l'économie externe. Or pour la plupart des pays alliés, et notamment pour l’Angleterre et les Etat-Unis, la cäpacilé de production et d'échange a été fort peu. atteinte par la guerre, les pertes en hommes ayant été facilement compensées par des gains en outillage. La France est dans un cas un peu spécial, mais nous ne croyons pas cependant qu’elle fasce excepion si elle sait agir assez énergiquement et assez vite dans la voie du rélèvement, et surtout si elle compte sur ses seules forces,sans chercher trop d'appui ailleurs.

Les Alliés sont donc dans une situation économique excellente, surtout depuis l'abattement de leur principal adversaire économique d’avant-guerre,

Vis-à-vis des non-belligérants et des neutres, bien

que celte affirmation paraisse un peu paradoxale, nous

estimons que leur situation est non moins bonne. La plupart des neutres sont des pays à économie simple, tandis que les belligérants étaient des pays à économie complexe. Or les non-belligérants n’ont pu exporter, en général, pendant la guerre toute leur production soit en articles de nourriture, soit en matières premières. Les pays qui, comme la Suède, l'ont pu, ont bien cherché à développer leur industrie, mais il n’en subsiste pas moins que les industries essentielles de ces pays sont et resteront de par les conditions naturelles des industries extractives, à peu d’exceptions près. Ils n’auront jamais et ne pourront jamais avoir des industries leur permettant de subsister en dehors de tout échange international : les pays scandinaves ne peuvent pas avoir assez de production agricole, l'Amérique du Sud devra toujours importer son charbon, la Suisse, malgré son économie complexe, est obligée d'importer à la fois des céréales, du charbon et du fer.

Nous pensons donc que la plupart de ces pays, n’ayant

pu exporter la totalité de la production de leurs indus-

tries extractives, ne seront pas les maîtres du marché, d'autant moins que les pays belligérants sont, en somme, leurs maîtres au point de vue des produits de l'industrie. Et ces belligérants ont prouvé, par leurs restrictions, que le marché mondial n’était pas une condition indispensable de leur existence alors qu'il l’est pour la plupart des autres. La France même et la Belgique, qui

ont tant souffert de la guerre, grâce à la complexité de

leur économie, peuvent à force d'énergie être reconsti-

tuées en quelques années et reprendre leur place économique dans le monde.

Nous en dédaisons que, à peu d’exceptions près, la valeur des étalons monétaires a baissé par suite de l'augmentation générale de la monnaie en circulation chez les belligérants, que chez les neutres la situation monétaire, qui n’était pas brillante s’est améliorée, et qu'il n’y a pas là un très grand péril si une politique financière habile vient enrayer l'accroissement des dettes. Dans ces conditions, la généralité des produits resteront aux prix actuels tant que l'accroissement de la richesse n’amènera pas une baisse, il est donc naturel que les salaires subissent une majoration correspondante, le travail n'étant qu'une marchandise comme une autre, soumise aux mêmes lois économiques. IL doit même subir une hausse légèrement plus forte, d’une part parce que les phénomènes économiques ne présentent pas une continuité parfaite mais se développent par à-coup, par échelons, ce qui fait que- le salaire resté au-dessous de la normale dépassera un peu la position d'équilibre, comme cela se produit lors des grèves, et d'autre part parce que le renchérissement des loyers, qui ne manquera pas de se produire dès que la liberté sefa rendue à la propriété, et qui pour les mêmes raisons que le salaire dépassera la position d'équilibre, ajoutera son influence nouvelle à celle des

-autres facteurs de hausse.

G. Mangie : 6

— 86 re È La raréfaction de la main-d'œuvre et la hausse de læ demande, inévitable pendant la période de prospérité: qui suivra, ne permettront pas de spéculer, dans lemarché du travail, sur une loi d’airain : les gens qui ont cru que la démobilisation amènerait le chômage se sont trompés dans la plupart des cas, au moins en province, dans une assez large mesure: FR Nous croyons donc que le beau rôle appartient aux salariés dans la discussion des salaires et que c’est une: loi qu'il faut subir de bonne grâce parce qu'inévitable.. Le troisième article du programme de la Confédération. du Travail vient d’ailleurs pallier les effets de la hausse des salaires, tant au point de vue national qu’au point: de vue patronal. « Maximum de production », voilà la clef du problème social actuel et il faut se féliciter que. ceux qui font profession de représenter les ouvriers, les chefs du mouvement syndicaliste, l’aient enfin compris. A | Le Secrétaire de la Fédération des Métaux, M. Raoul Lexoir, a écrit : « Ce n’est pas l'effet d'un système, ce sont les nécessités humaines qui inspirent et comman- 5 dent cette préoccupation du plus vite et du plus abondant » (1). ce | à En effet, l'augmentation du bien-être tient d’une part au.temps qui reste disponible pour que l’homme puisse

en jouir à sa guise, et d’autre part aux produits que.

1. L'Information Ouvrière et Sociale, n° du 26 décembre 1918.

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