‹ Les Idées Modernes d'Organisation: Leur Influence SocialeChapitre 14 sur 25 · FRÈRES · texte numérisé non relu

FRÈRES

l'homme peut se procurer pour satisfaire ses besoins ou ses simples désirs. Le confortable est une chose relative: et purement subjective, dans le temps comme dans l’espace ; tel dont les ancêtres allaient pieds nus dans. leurs sabots il y a cinquante ans, exige maintenant des souliers-et des chaussettes, sans avoir changé de classe sociale, et ne considère pas cela comme un luxe. Autrefois, on lavait le linge deux fois l’an et aujourd'hui beaucoup d’'Américains changent de chemise tous les: jours. $ L'homme qui est toujours, par sa nature, à la poursuite du bonheur, s'élève généralement pendant tout le. cours de son existence, soit qu’il change de classe, soit. que le sort de sa classe se soit amélioré. Ses enfants. sont élevés avec plus de confort qu’il ne l’a été luimême et sont plus exigeants, Le progrès veut donc que tout produit commence par être un produit de luxe,. puis un produit courant, puis un produit nécessaire ; naturellement, au cours de cette transformation, son prix relatif diminue sans quoi il ne deviendrait jamais, accessible à la masse. Mais pour que son prix baisse et que la quantité soit suffisante pour des demandeurs. que le temps rend de plus en plus nombreux, il faut. que la production en soit de plus en plus abondante.

Les organisations ouvrières, et en particulier la. OC. G. T., n'ont fait qu'une politique économique et sociale négative tant qu’elles n’ont pas compris ce phé-

nomène économique de l’adaption de la production aux

besoins de la consommation, car c’est en définitive la consommation qui est le phénomène essentiel et qui commande tous les autres malgré leur interdépendance.

Aujourd'hui ces organisations semblent l'avoir compris et elles recommandent à leurs adhérents une produclion intense, elles exigent des patrons les moyens de l'obtenir.

Si les heures de travail sont courtes et les salaires élevés, qu'est-ce donc qui permettra de fabriquer des produits assez abondants el assez bon marché pour satisfaire des désirs sans cesse croissants ? :

Chacun sait ce que c'est que le rendement d'une affaire et que la recherche du rendement consiste à améliorer les conditions et à éliminer les pertes. Ce sont | les différences de rendement qui font, en un même lieu, les différences de prix de revient, alors que les prix de la main-d'œuvre et des matières premières sont les mêmes. C'est la recherche du rendement qui fait installer une usine en tel lieu plutôt qu'en tel autre, c’est elle qui a amené les hauts-fourneaux à s'installer d’abord sur le charbon, puis sur le minerai, d’où la source de la plus grande controverse dans l’industrie métallurgique. ve

La plupart des industriels européens se préoccupent depuis très longtemps d'obtenir une bonne utilisation des matières premières, on va jusqu’à récupérer el uliliser les poussières des gaz d'échappement des hauts-

- fourneaux, c'est la récupéralion des sous-produits qui a

— amené certaines industries, comme les industries chimiques, au développement et au degré de perfection que nous leur voyons.

Dès la naissance des machines-outils, on a cherché à

. les perfectionner pour en obtenir à la fois un travail

plus fini, et d'autre part une plus grande production : rendement ! Taylor a même fait faire aux machinesoutils un énorme progrès par sa découverte des aciers à coupe rapide. L

Il restait à perfectionner le dernier facteur de la production, l'homme. Bien que la plupart des industriels, aient, de tout temps, fait des efforts dans ce sens, c'est Taylor qui a montré toute l’importance de la question,

en à fait la théorie complète et lui a donné une solution

“ qui semble parfaite et définitive.

L'Organisation est celte science et cet art qui-savent combiner les éléments d’une affaire : matières, machichines et main-d'œuvre, pour obtenir, non pas le meilleur rendement élémentaire de chaque facteur, mais le meilleur rendement total. Il faut, en effet, envisager le cas où le meilleur rendement total n’est pas obtenu par la combinaison des meilleurs rendements élémentaires qui sont souvent incompatbiles.

L'organisation est une science en progrès perpétuel car les industries sont tellement interdépendantes qu’on peut dire que tout progrès réalisé dans l’une d’elles influe sur les autres. Il suffit d’une légère variation sur

un prix, duë à une cause lointaine, pour modifier pro-

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