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CHAPITRE II

Les principes de Taylor pour l'organisation

Les titres des deux ouvrages principaux de Taylor sont à eux seuls un programme et définissent nettement. la méthode de l’auteur : {a Direction des ateliers et les Principes d'Organisation scientifique des Usines. |

Dans ce dernier ouvrage en particulier, il essaie de faire partager au lecteur les trois conclusions principales auxquelles il est arrivé : :

a) Nos actes individuels et collectifs ont un rendement déplorable qui influence très nettement l’économie.

privée, l’économie nationale et l’économie mondiale. b) Dans l'ancien type anarchique d'administration,

c’est la personnalité du directeur qui fait la bonne ou la mauvaise fortune de l’entreprise. Le directeur qui réussit peut. avoir certaines règles de conduite, presque: toujours empiriques, maïs ce sont les qualités natives. qu'il a développées en lui qui constituent tout son art. Taylor montre que le rendementest amélioré davantage par des hommes ordinaires s'appuyant sur une organi-

sation rationnelle et forte que par des hommes excep-

tionnels dépourvus de doctrine générale, et qu'il importe plus d’avoir de la continuité et de l'exactitude de vues que des conceptions exceptionnelles mais discontinues.

c) La meilleure organisation repose sur une véritable science des affaires et du commandement. Il démontre que cette science existe, en formulant des lois qui paraissent naturelles et générales, mais qu'il a été le premier à exprimer pour en former une doctrine.

Les lois principales de cette nouvelle science se résument dans les quatre propositions suivantes des Principes d'Organisation scientifique des Usines :

« Lo) Pour chaque élément du travail de l'homme, remplacer l’ancienne méthode du pouce et de l’œil par une science véritable ;

2°) Choisir d’après des règles scientifiques, former, instruire et développer l’ouvrier, au lieu de le laisser comme autrefois choisir son travail et se former comme il le pouvait ; |

3°) Suivre les hommes de façon à s'assurer que tout le travail est fait d'accord avec les principes de la science qui a été établie :

Lo) Partager à peu près également le travail et la responsabilité entre la direction et l’ouvrier, la direction se chargeant de tout le travail pour lequel elle est mieux équipée qué l’ouvrier, tandis que, dans le passé, presque tout le travail et la plus grande partie de la responsabilité retombaient sur l'ouvrier ».

Le premier principe comporte l'emploi de la méthode

am ; 20 — analytique à sa base : les phénomènes humains sont d'une nature si complexe qu'il est à peu près impossible de les étudier sans les décomposer auparavant en leurs éléments plus simples, jusqu'à ce que l'étude scientifique en soit possible. A;

La plupart des opérations du travail humain sont des suites des mouvements simples des différentes parties du corps, ces mouvements sont commandés par le cerveau qui lui-même reçoit l'impulsion déterminante de l'habitude, d'une circonstance extérieure ou de son propre raisonnemant.

En poussant le déterminisme à ses dernières conséquences, on pourrait soutenir que, dans un cerveau donné, le raisonnement prend une forme nécessaire et aboutit obligatoirement à des conclusions déterminées par les prémisses que sont des circonstances extérieures (influence du milieu) et antérieures (influence de la mémoire). La conclusion dépendrait bien du cerveau mais elle serait toujours la même pour un cerveau : donné, toutes choses égales d’ailleurs.

On n'a pas encore démontré qu'il en est ainsi, mais on n'a pas prouvé non plus le contraire. Cependant, cette opiaion parait outrancière dans l'état actuel de nos connaissances, et on peut admettre que le cerveau est libre dans ses raisonnements.

L'application du premier principe d'organisation conduira donc à étudier les lois physiques des mouvements

élémentaires nécessaires à l'accomplissement d'un acte

rie

donné, à déterminer les mouvements strictement indispensables et ceux qui donnent un meilleur rendement total. La loi du mouvement trouvée, il faudra l’enseigner à l’ouvrier et la lui faire observer, mais auparavant il faudra s'assurer qu'il est capable de la comprendre et de l'appliquer dans les meilleures conditions, de même que pour faire un travail donné on cherche la machine qui l’exécutera avec le meilleur rendement : c'est l’objet du troisième et du deuxième principes.

Il est évident qu'une surface métallique plane sera exécutée avec une raboteuse ou une fraiseuse et non avec un tour ou une perceuse, mais on pourra employer souvent ou la raboteuse, ou l’étau-limeur, ou la fraiseuse et il faudra déterminer quelle machine aura le meilleur rendement dans le cas considéré: pourtant, toutes ces machines ont le caractère commun de tailler les métaux et leurs travaux reposent sur les mêmes principes, mais elles ont des mécanismes différents qui rendent chacune d'elles plus propre à effectuer une nature de travail déterminée.

Il en est de même des hommes : ils ont en commun des caractères physiques et moraux qui constituent l'humanité ; mais ces caractères sont dirigés par des aptitudes spéciales, des particularités secondaires qui font la diversité des hommes et les rendent aptes à des tâches différentes.

Pour effectuer le mieux possible, avec le meilleur

rendement, un travail donné, il faudra donc choisir G. Mangin 3 2

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