LES COLLABORATEURS DE TAYLOR
Taylor n'a pas tardé à prendre des collaborateurs pour ses expériences d'organisation, il est évident que la vie d’un homme seul ne suffisait pas à créer une ‘ science aussi complexe : il faut d’ailleurs faire souvent beaucoup d'observations en même temps et une collaboration avec spécialisation des tâches donne des résultats meilleurs et plus rapides que le travail d’un homme isolé, si remarquable soit-il.
Les principaux collaborateurs de Taylor ont été- MM. Warvre, Bartu, GizBreTa et Ganrr.
Taylor, un des hommes qui ont le mieux possédé la méthode scientifique, était peu versé dans les sciences mathématiques, cela tient à ce qu'il à débuté dans la vie par l’atelier et non par l’université seule.C’ést Barth qui a été le mathématicien du groupe, il a assisté Taylor surtout dans la partie purement. technique de son œuvre, l'étude de la Taille des Métaux. Il a trouvé une
formule reliant les douze variables du problème et l’a traduite ensuite en une règle à calcul à plusieurs réglettes qui en rend l'application pratique à l'atelier. Les règles de Barth sont d’un usage courant dans les usines de taille des métaux parfaitement taylorisées.
C'est Barth qui a eu une influence décisive pour rendre pratiques les idées du grand ingénieur américain en cette matière.
Whitte a été le meilleur métallurgiste du groupe, Gantt le meilleur directeur, Taylor a été l'âme, le prophète dont la foi a soutenu et guidé les autres. Gilbreth a été le grand observateur, le chronométreur parfait ; c'est à lui qu'on doit l'étude de la technique de la maçonnerie de briques : il a obligé le maçon qui autrefois se baissait constamment pour prendre les matériaux déposés à ses pieds, à travailler debout en mettant les matériaux à portée de sa main. C’est Gilbreth qui savait le mieux étudier les mouvements, les décomposer, éliminer les gestes inutiles.
Taylor a désigné Gantt comme le meilleur directeur parmi ses collaborateurs, on lui doit un ouvrage remarquable intitulé : Travail, Salaires et Profits, qui a autant de valeur que les ouvrages de Taylor lui-même et qui donne des détails d’application précis de la méthode scientifique de direction. Taylor a peu insisté sur les systèmes de salaires, il n’en a fait aucune théorie : il connaissait fort bien la psychologie ouvrière et il a
montré, avec beaucoup de détails, ce qu’on pouvait
et devait tirer de l’ouvrier. Mais il n’a fait qu'indiquer en passant le moyen psychologique de l'obtenir ; l’appât du gain. Il a dit qu'il faut inciter l’ouvrier à l’observation des nouvelles méthodes en majorant fortement son salaire dans le cas où il suit exactement les prescriptions de la direction. Il a même inventé un système de salaire, le système à échelons, maïs il n’insiste pas sur le mode de rémunération, il insiste plutôt sur le’ taux.
Gantt au contraire a fait une étude plus minutieuse et plus intime des mobiles d'action, il en est venu au mobile classique, l'intérêt personnel, et surtout sous celle de ses formes qui touche le plus lés Américains, l'intérêt pécuniaire. Il a donc commencé à créer une philosophie du salaire; mais, comme Taylor, son point de départ n’a pas été l’ouvrier, mais le bénéfice patronal, l'intérêt de l'affaire.
Il a bien fallu qu’il aboutisse par là à l’intérêt ouvrier et il a fait la première étude des systèmes de salaires. On peut lui reprocher cependant d’avoir fait surtout une étude du système à échelons de Taylor et de son propre système avec boni, plus qu'une étude d’ensemble. Ces deux types de salaires peuvent fonctionner admirablement dans une usine parfaitement taylorisée, mais pas dans d’autres conditions.
Parmi les autres disciples de Taylor, actuellement très nombreux, il faut citer encore M. L. Cooke qui a étudié et réformé les services municipaux de la ville de Phila-
delphie.
Bien qu'en Amérique le fonctionnarisme existe à un degré moindre que chez nous, c’était une tâche ardue de réformer des services publics : M. Cooxe y est arrivé, tout en réduisant les charges de la ville ét en augmentant les commodités offertes aux habitants. Il a écrit un curieux mémoire au maire de Philadelphie, où il décrit comment, d'ingénieur électricien peu au courant des services publics, il est arrivé à l’aide de la méthode scientifique seule, à faire des réformes profondes, malgré des oppositions tenaces. | à
Harrness. — Dans son ouvrage : le Facteur humain dans l'organisation du travail (1), James Hartness a dit : « Voulez-vous faire une bonne machine ? Commencez par bien connaître celui qui doit s’en servir », et encore: « Cet homme, comme les autres, est toujours un bon diable pour qui sait le comprendre. )
C'est là la base de toute sa philosophie : connaître l'homme, lui demander ce qu’il peut et pas plus.
Aussi Hartness est-il l'homme qui a peut-être le mieux décrit la psychologie ouvrière : C’est le théoricien de 1’ «-Habitude ». G
H tempère ce qu'il y a d’un peu sec et d’un peu rigide dans le système de Taylor, il envisage un homme un peu moins théorique et veut l’améliorer progressivement en
utilisant, dans la mesure du possible, ses réflexes, ses habitudes, <