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LA MORALE DE DIDEROT Meter
sions comparer nos idées pour les y conformer et par suite les unifier entre elles, l'accord des esprits ne pourra se faire 1; il y
aura fatalement plusieurs idées de Dieu, — également vraies d’ailleurs ?, — plusieurs religions. Comment en serait-il autrement ?
Les hommes se divisent bien entre eux sur des choses réelles : comment s'accorderaient-ils longtemps sur des objets imaginaires ? Ils sont abandonnés à leur imagination. et il n’y a aucune expérience qui puisse les réunir *.
Or, « si un misanthrope s'était proposé de faire le malheur du genre humain, qu'aurait-il pu inventer de mieux que la croyance en un être incompréhensible, sur lequel les hommes n'auraient jamais pu s'entendre, et auquel ils auraient attaché plus d’importance qu'à leur vie ! » * Cette pluralité des religions aura en effet deux conséquences également graves.
Les diverses religions, ayant des notions diverses de la divinité, lui attribueront des volontés diverses, et leurs morales seront divergentes. Or la définition — idéale — de la morale n’implique-t-elle pas qu’elle soit la même pour tous, universelle ?
Les peuples sont partagés en différents cultes, religieux ou irreligieux, selon l’endroit de la surface de la terre où 1ls se transportent ou qu'ils habitent ; — la morale est la même partout ?.
T. « Une notion, et surtout une notion un peu compliquée d'un [être] quin’a point de modèle, ne peut avoir d’uniformité» (Did. et Cath. IT, p. 308 ; le texte imprimé porte : d’un éfat, ce qui n'offre guère de sens).
2. Dieu est « un être qui, ne se montrant jamais, prend autant de formes diverses qu’il y a de têtes. Ce n’est pas Dieu qui à fait les hommes à son image, ce sont les hommes qui tous les jours font Dieu à la leur... Autant d’idées de la Divinité qu'il y a de tempéraments différents entre les adorateurs et de vicissitudes de pi nens dans chacun d’eux » (Did. et Caitherine IT, p. 304).