‹ Les idées morales de DiderotChapitre 109 sur 234 · Cf. Plan d'une Université, III · texte numérisé non relu

Cf. Plan d'une Université, III

der: à

d'opinions bizarres qui n’en impose qu'aux enfants, qui encourage . au crime par la commodité des expiations, qui envoie le coupable demander pardon à Dieu de l’injure faite à l’homme... 1

Au reste, que parfois la religion contribue à maîtriser certains hommes, inaccessibles à des motifs plus raisonnables, Diderot ne le nie pas ; et à ce titre elle peut offrir quelque utilité :

Je garderais des prêtres, non comme des précepteurs de gens sensés, mais comme les gardiens des fous, et leurs églises, je les laisserais subsister comme l'asile ou les petites-maisons d’une certaine espèce d'imbéciles qui pourraient devenir furieux si on les négligeait entièrement ?.

Et même il n'hésite pas à reconnaître que des âmes plus délicates peuvent trouver là, sinon une raison d’être bonnes, du moins un appui et un réconfort : il dit à la maréchale de *** :

Il vous est doux d'imaginer à côté de vous, au-dessus de votre tête, un être grand et puissant, qui vous voit marcher sur la terre, et cette idée affermit vos pas. Continuez à jouir de ce garant auguste de vos pensées, de ce spectateur, de ce modèle sublime de vos actions *.

Mais que sont ces petits avantages que la religion procure, auprès des ravages qu'elle cause ?

Il est vrai, la religion fait restituer un écu ; mais elle fait poignarder Henri IV #.

Si donc nous acceptons la définition de Diderot que le bien et le mal sont choses relatives, et que «le mal, c’est ce qui a plus d’inconvénients que d'avantages » °, force nous est de conclure que la religion est moralement mauvaise, et comme telle de la

1éléten

Dalles 17.

Page 1