Plan d'une Université, III
rs sr8:Cf "ce qu'il dit à Catherine II, dans Diderot et Catherine II,
4. IL, 425 ; cf. à Me Volland, 6 oct. 1765, XIX, 186. 5. II, 512 ; cf. lettre à Damilaville, 1766, XIX, 476. DRCT Did. eh Cath. IT p 107.
Et qu’on ne vienne pas arguer que ces mauvais effets ne sont pas nécessaires, qu'ils sont l'accident et non l'essence ; qu'on ne dise pas : « Voilà bien les abus, mais ce n’est pas la chose » ?, ou : « C’est la superstition et non la religion qui produit tous les maux » 2, Car Diderot nous a montré que les conséquences qu'il flétrit dérivent de la nature même du concept de Dieu : une religion purement philosophique n’y échapperait pas :
Il n’y a qu’à considérer que la notion d’une divinité dégénère nécessairement en superstition. Le déiste a coupé une douzaine de têtes à l’hydre ; mais celle qu'il lui a laissée reproduira toutes les autres #.
Ne craignons pas d’ébranler la morale en lui retirant cet étai ruineux ; car pour qui regarde agir les hommes, 1l est difficile de ne point partager le sentiment du marquis des Arcis, qu’il confie à Mme de la Pommeraye : « c’est que nos opinions religieuses ont peu d'influence sur nos mœurs » 4.
Diderot constate dans l’histoire, il voit par la conduite de ses contemporains que la morale et la religion sont séparées en fait : |
La moralité peut être dans la religion, et la religion peut être, est même souvent avec l’immoralité 5.
Trop souvent le croyant se conduit comme s’il ne croyait à rien ; bien souvent l’incrédule agit comme devrait agir le croyant :
On est inconséquent, et y a-t-il rien de plus commun que d’être inconséquent ? f,
Pourquoi ne pas reconnaître cette dualité, pourquoi vouloir lier spéculativement ce qui dans la pratique est indépendant ? Bannissons donc la religion de la morale :
MILASTS
. Did. et Cath., TI, 307.
. Ibid. Cf. XIX, 186.
. Jacques le Fataliste, VI, 138.
. Enc., art. Irreligieux, XV, 255.