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satisfaction des mêmes tendances, des mêmes besoins, issus a une constitution physique la même en tous.
A ce point, il y a, semble-t-il, une solution de continuité dans la pensée de Diderot, ou au moins dans l'exposé de ses idées. Je ne le vois nulle part montrer comment, partant de l’idée que le bonheur est le devoir pour chacun de nous, et qu'il est identique pour tous les hommes, il arrive à fonder la morale sociale. Voici toutefois comme il est possible, par conjecture, de rétablir la chaîne de ses associations. On peut croire qu'il admet que la similitude d'organisation crée en tous les êtres semblables un ‘ droit égal au bonheur et en chacun un devoir de respecter le droit des autres et même de collaborer avec eux, de les aider à réaliser leur bonheur, qui est situé à l'extrémité de la même route qui nous doit conduire à la possession du nôtre. Mais, plus encore qu’un devoir, c’est, primitivement au moins, une nécessité physique : l’homme seul ne saurait vaincre la nature extérieure hostile et conquérir contre elle son bonheur À ; mais, tous les hommes rencontrant mêmes obstacles à atteindre le même résultat, il en résulte « la nécessité de la société ou d’une lutte commune et concertée contre des dangers communs et naissant du sein de la nature même qui menace l’homme de cent côtés différents ? ». La nature de ce rapport est bien indiquée dans la réponse que fait au «sage « le «prosélyte » qu'on introduit aux grands principes :
LE SAGE. — Quels sont, à votre avis, les devoirs de l’homme ? LE PROSÉLYTE. — De se rendre heureux. D'où dérive la nécessité de contribuer au bonheur des autres, ou en d’autres termes d’être
vertueux ?.
C'est ainsi l'identité d'organisation qui nous rend raison de l'harmonie entre utilité personnelle et utilité générale : toutes
. C£. IV, 48 : « S'il est vrai que la lutte de l’homme contre la nature LE me premier motif, la raison première de la société...» — Did. et Cath. IT, p. 270 : « La lutte de l’homme contre la nature est le premier principe de la société : ... La nature l’assaille par les besoins qu’elle lui a donnés et par les dangers auxquels elle l’a exposé. » Cf. 1b1id., p. 272-3.