‹ Les idées morales de DiderotChapitre 126 sur 234 · TL D · texte numérisé non relu

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ment : Helvétius lui-même l’y invitait, et Diderot, pour critiquer les conclusions de son auteur, accepte de se placer au même point de vue que lui.

La thèse d'Helvétius est exprimée avec toute netteté dans la section IV, au début du chapitre VIIT t, intitulé : De la jushce considérée dans l'homme de la nature.

Pour juger l'homme, considérons-le dans son état primitif, dans celui d'un sauvage encore farouche. Est-ce l'équité que ce sauvage aime et respecte ? Non, mais la force. Il n’a ni dans son cœur d'idée de la Justice ; ni dans sa langue de mots pour l’exprimer. Quelle idée pourrait-1l s’en former, et qu'est-ce en effet qu’une injustice ? La violation d’une convention ou d’une loi faite pour l’avantage du plus grand nombre. L'injustice ne précède donc pas l'établissement d’une convention, d’une loi et d’un intérêt commun. Avant la Loi il n’est donc pas d'injustice. — On voit ce que la question devient : L'homme sauvage, qui ne connaîf point de lois, a-t-il, n’a-t-il aucune idée de la justice ?

Diderot fait d’abord observer le caractère hypothétique de ces recontructions préhistoriques :

Tout ce que l’auteur dit ici de l’état sauvage peut être vrai, mais je ne le sais pas. Plus civilisé que lui, j'ai apparemment trop de peine à me mettre nu ou à reprendre la peau de bête 2.

Pourtant, à réfléchir sur ce que peut être un tel état, voici ce que Diderot croit possible d’en conjecturer, avec la réserve et la prudence qui conviennent en ces matières, où 1l est malaisé d'atteindre mieux que des vraisemblances * :

Je ne voudrais ni assurer ni nier que l’homme sauvage ait ou n'ait aucune idée de justice. Je serais assez porté à croire que le sauvage qui enlève au sauvage la provision de fruits qu'il a faite 4, s'enfuit et

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