‹ Les idées morales de DiderotChapitre 134 sur 234 · INA RL SCDE NE” DO NIORT TE · texte numérisé non relu

INA RL SCDE NE” DO NIORT TE

LA MORALE DE DIDEROT Lx

En plus d’un cas pourtant, dans nos sociétés, la législation, compliquée et bizarre, et la perversion du cœur humain empéchent que les actes aient nécessairement et comme automatiquement leurs conséquences naturelles, et légitimes ; il faut aller plus profondément pour découvrir que toutes choses ont leur juste retour : « Dans les sociétés corrompues, les avantages du vice sont évidents. Son châtiment est au fond du cœur, on ne l’aperçoit point. C’est presque le contraire de la vertu » 1. Mais, si l’on descend dans le cœur de l’homme, c’est là qu’on aperçoit que chaque action obtient son loyer : « la sérénité n’habite que dans l’âme de l’homme de bien ; il fait nuit dans celle du mé-

chant » ?.

Le méchant peut avoir tout, excepté cette paix de l’âme, ce doux repos d’une bonne conscience, et la sécurité qui en est l'effet à,

ca

Aussi c'est en lui-même, c'est dans sa conscience que l’homme de bien trouve en vérité sa récompense : « Le témoignage de soi, voilà la source des vrais biens et des vrais maux ; voilà ce qui fait la félicité de l’homme de bien parmi les persécutions et les disgrâces, et le tourment du méchant au milieu des faveurs de la fortune » 4. C’est là un salaire qui suffit à l’homme vertueux

et qui le console de tout :

Je ne connais rien dans ce monde, écrit Diderot, dont un homme qui a pour soi l'attestation du censeur que la nature a placé au-dessous de la mamelle gauche , puisse se laisser affecter jusqu’à un certain point.

La preuve de la réalité de ce bonheur tout intérieur, Diderot le demande à son expérience, à celle aussi des autres, qu'il appelle à confirmer la sienne :

. Claude et Néron, III, 252.

. Pensées sur la peinture, XII, 86.

. Enc., art. Éclectisme, XIV, 332.

. Introd. aux grands princ., II, 88.

. Laeva sub parte mamillæe. Expression chère à Diderot ; cf. notam- IMÉUERR, 20.

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