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Ainsi la méchanceté « donne toujours de la peine », tandis que de la bonté « l'exercice est toujours accompagné de plaisir » 1. C’est par cet appel au sentiment intérieur que se conclut l’'argumentation de Diderot : rentrons en nous-mêmes, analysons ce que nous éprouvons, et nous verrons que toujours la satisfaction intime suit l’action vertueuse ?., Aussi peut-il louer Richardson — Richardson qui n’est rien moins certes qu’un dialecticien — d’avoir pourtant rempli l’objet suprême que peut se proposer le moraliste :
S il importe aux hommes d’être persuadés qu'indépendamment de toute considération ultérieure à cette vie, nous n'avons rien de mieux à faire pour être heureux que d’être vertueux, quel service Richardson n'a-t-1l pas rendu à l’espèce humaine ? 77 n’a point démontré cette vérité ; mais 1 l’a fait sentir : à chaque ligne il fait préférer le sort de la vertu opprimée au sort du vice triomphant *.
Ainsi la vertu trouve en elle-même sa récompense, qui lui suffit, et Diderot peut s’écrier : |
O Dieu ! prends pitié des méchants ! Je ne te demande rien pour moi ni pour mes amis ; tu leur donnas tout quand tu les fis bons f.
Cependant à ce bonheur tout intérieur, qui est le meilleur salaire de la vertu, Diderot voudrait que la législation fît correspondre un bonheur sensible, des satisfactions palpables qui en fussent comme le symbole matériel :
Faites que le bien des particuliers soit si étroitement lié avec le bien général, qu’un citoyen ne puisse presque pas nuire à la société sans se nuire à lui-même ; assurez à la vertu sa récompense, comme vous avez assuré à la méchanceté son châtiment 5.
Cette idée de récompenser la vertu est chère à Diderot :