À Falconet, sept. 1766, XVIII, LPO CEA ENT
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force lui est de recourir à des raisons d’un autre ordre, et, pour tout dire, à des motifs irrationnels. Le croyant, pour qui après cette vie il y a une vie éternelle où tous les efforts seront comptés . et où chacun recevra le salaire qu’il mérite, le croyant est convaincu que ses sacrifices ne seront pas perdus. Qu'est-ce que Diderot, voulant obtenir le même résultat, peut mettre à la place de l’idée religieuse d’éternité ? Au désir du bonheur, qui a fourni un motif suffisant jusqu'ici, il ajoutera le désir de la gloire posthume :
Il faut un salaire à l’homme, un motif idéal ou réel. Faites mieux, réunissez-les. Accordez-lui le bonheur tandis qu’il est, et montrez-lui la statue quand il ne sera plus. C’est le moyen de déployer toute son ÉHETEIE
Diderot fera donc appel à l'envie qu a tout homme de se survivre, et pour cela de vivre, et de vivre honoré, dans le souvenir de la postérité :
Cette espèce d’immortalité est la seule qui soit au pouvoir de quelques hommes, les autres périssent comme la brute ?.
De même que « l'éternité, c’est la postérité de l’homme religieux » %, ainsi « la postérité pour le philosophe, c’est l’autre monde de l’homme religieux » 4 Et si Diderot ne veut pas faire appel à l’une et l’autre immortalités, associer les deux motifs, c’est que les valeurs qu’ils consacrent sont différentes, et même, nous l’avons vu, contraires : « On peut être récompensé de Dieu et admiré des hommes ; malheureusement l’un de ces sublimes attraits laisse peu de valeur à l’autre » ÿ, précisément parce qu'ils n’agissent pas dans le même sens.
On ne saurait mettre en doute la force du sentiment qu'invoque Diderot :
DANVIEPLEMEIZL.