‹ Les idées morales de DiderotChapitre 142 sur 234 · Notons la liaison des deux termes · texte numérisé non relu

Notons la liaison des deux termes

immolions, que nous estimions et que. nous.aimions, bien qu’ils ne fussent pas encore !,

S'immoler, c’est donc à cette conclusion qu’aboutit la morale de Diderot. Partie de l’idée du bonheur dont la réalisation était le seul devoir de l’homme, elle se termine à l’apologie du sacrifice. S'immoler, se sacrifier, telle est pour le « philosophe » la sagesse suprême.

Quoi ! écrit-il à Falconet, parce que j'aurai pensé que le plus noble usage d’un effet périssable, c'était le sacrifice avantageux (pour elle) que j'en ferais à la patrie, je suis moins sage que vous ? Rêvez-y mieux, mon ami, et vous verrez que le véritable héroïsme ne peut Jamais contrarier la sagesse ?.

Et non seulement la patrie, mais l'espèce, mais l'humanité tout entière, présente et à venir, valent qu'on s'y sacrifie, Que si une raison froidement utilitaire ne veut pas avouer ces nobles actions sans profit, Diderot s’en consolera :

Les vérités de sentiment sont plus inébranlables dans notre âme que les vérités de démonstration rigoureuse, quoiqu'il soit souvent. impossible de satisfaire l'esprit sur les premières. Fe cœur et lartète sont des organes si différents ! Et pourquoi n’y aurait-il pas quelques circonstances où il n’y aurait pas moyen de les concilier ?... ÿ

La morale du « philosophe » s'achève ainsi sur un acte de foi dans le sentiment : peut-être serons-nous la dupe du cœur, mais nous le serons parce qu’il nous plaît ainsi; et d’être voulue, c'est ce qui fait la noblesse de notre « Chimère ».

Si maintenant nous regardons la route qu'avec Diderot nous avons parcourue, nous voyons qu'elle n’est pas sans doute d’une parfaite, d’une rigoureuse rectitude : elle offre des détours et de nombreux replis. Cette morale ne se laisse point ramener à une formule simple qui en enfermerait tout l'essentiel.

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