CRE CINE
d’un besoin instinctif du cœur. Diderot ne veut, ne peut croire que l’homme ne soit pas bon :
Non, — écrit-il à Mile Volland, — non, chère amie, la nature ne nous à pas faits méchants : c’est la mauvaise éducation, les mauvais exemples, la mauvaise législation qui nous corrompent. Si c'est là une erreur, du moins je suis bien aise de la trouver au fond de mon cœur, et je serais bien fâché que l'expérience ou la réflexion me détrompât jamais ; que deviendrais-je ? Il faudrait, ou vivre seul, ou se croire sans cesse entouré de méchants ; ni l’un ni l’autre ne me convient 1,
Et il s’indigne contre ceux qui ne veulent pas considérer les choses avec les mêmes lunettes que lui, Diderot, ni examiner les hommes avec cette prévention admirative qui tourne son esprit vers la critique des beautés :
Cet homme (M. Digeon) voit le genre humain en noir... Il y a làdedans une sorte d'envie qui me blesse, moi qui lis les hommes comme les auteurs, et qui ne charge ma mémoire que des choses bonnes à savoir et à imiter ?.
S'il voit la nature humaine bonne, c’est qu'il la veut voir telle : voilà pourquoi « celui qui blesse l’espèce humaine /e blesse » .
De même, quand Diderot, à la fin de sa carrière, émet un avis tout à fait contraire, et soutient qu’«il est une perversité naturelle plus forte que toutes les leçons de la sagesse » 4, quand il proteste contre cette affirmation de Sénèque que « la nature nous a formés pour la vertu », en disant que «c’est le préjugé d’un homme de bien qui a oublié ce qu’il a fait d'efforts et de sacrifices pour devenir vertueux » 5, déclarant que « le chemin de la vertu est taillé dans un roc escarpé », demandant :
Pourquoi donc tant de vicieux, et si peu de vertueux, au milieu de tant de prédicateurs de vertu ? Pourquoi tant de besoin et si peu de
MODO AL /OOEXTX 7:
AMEN Oland a toct 67017250.
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. Claude et Néron, III, 124.