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succès de l'éducation dans la jeunesse ? tant de conseils et si peu de fruit dans l'adolescence et dans l’âge viril ? tant de fous dans la vieillesse ? tant d'indocilité dans l’esprit, au milieu de la ruine des sens ? 1
— quand il s'exprime ainsi, il ne faut pas voir dans ses paroles. la conséquence d’un changement de doctrine, le corollaire d’une autre conception de la vertu, — de nombreux passages de la même œuvre montrent qu’elle n’a pas varié, — mais nous saisissons là l'effet d’une disposition nouvelle de sa sensibilité. Il a présente à l'esprit la « trahison » de Rousseau, de ce perfide ami, dont les Mémoires vont bientôt paraître, et il voit en lui le type même de cet homme « naturellement, incurablement méchant », dont il se refusait jadis à admettre l’existence :
On jugerait par ses discours (de Diderot), écrivent les Mémoires secrets dit de Bachaumont, que Rousseau était un méchant homme au fond ?.
Et de plus, Rousseau n’a-t-1il pas soutenu partout que «l’homme est bon par sa nature », comme si lui-même n’était pas la vivante contradiction de sa doctrine ? Raison de plus pour défendre l'avis opposé, dans cet ouvrage écrit contre Rousseau autant que pour Sénèque.
Les autres passages où Diderot décrie la nature humaine s'expliquent de même par des réactions du sentiment :
Il n’y a rien au monde, déclarait-il à M. N*#* à Genève Ÿ, à quoi la vertu ne soit préférable, et, si elle ne nous paraît pas telle, c’est que nous sommes corrompus et qu'il ne nous en reste pas assez pour en connaître tout le prix... Je ne vous écris pas ; mais je cause avec vous comme je causais autrefois avec cet homme qui s’est enfoncé