‹ Les idées morales de DiderotChapitre 149 sur 234 · ST JE 4ATIO-TT · texte numérisé non relu

ST JE 4ATIO-TT

que c'est la raison pour laquelle les causes morales subjuguent si jacilement l'orgamsation ?.

C'est pour ces hommes-là que la morale est faite ; si donc, de l’ensemble des individus observés, on s'efforce de dégager une vue générale, un schème commun, comment se représenter cette matière à quoi la morale devra imprimer une forme ?

Le fonds le plus essentiel de la nature humaine, ce sont les passions : mais, dans ces passions, Diderot distingue deux grandes catégories : les unes ont leur objet confiné à l’intérieur de l’individu ; les autres tendent à le faire sortir de lui-même et à le mettre en rapport avec ses semblables.

Il y a, — écrit-1l dans l’Epiître dédicatoire du Père de famille, — dans la nature de l’homme deux principes opposés : l’amour-propre qui nous rappelle à nous ; et la bienveillance qui nous répand. Si l’un de ces deux ressort$ venait à se briser, on serait ou méchant jusqu'à la fureur ou généreux jusqu’à la folie. Je n’aurai point vécu sans expérience pour eux, si Je leur apprends à établir un juste rapport entre ces deux mobiles de notre vie ?.

L'un et l’autre sont également primitifs. L’amour-propre n'est qu'une forme de l'instinct de conservation que nous apportons tous en naissant ; il exprime la tendance incoercible de l'être à persévérer dans son être. Sous sa forme la plus simple, 1l se confond avec l’amour de la vie :

L'amour de la vie, — dit la marquise de Saint-Alban, — est dans tous les cœurs, et en cela on ne saurait trop admirer l'adresse de la nature... Aussi a-t-elle rendu ce désir invincible *.

Rien de plus légitime en son principe que l’amour-propre, rien de plus naturel :

La conservation personnelle n’est-elle pas la première des lois dans l’ordre de la nature ? Ce cri cesse-t-il de retentir un moment au fond du

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