‹ Les idées morales de DiderotChapitre 154 sur 234 · MIT LE · texte numérisé non relu

MIT LE

. Introd. aux grands princ., XI, 88.

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travaille à n’en être pas tyrannisé, à les mettre à profit, et à en faire un usage raisonnable, parce que cela est possible, et que la yaison le lui ordonne » !. Pourquoi vouloir établir une opposition absolue entre les impulsions de la passion et les conseils de la raison ? Diderot va même jusqu'à soutenir dans toute sa force la thèse contraire, jusqu'à établir la plus étroite concordance entre leur développement : |

A mesure, écrit-il une fois, à mesure que l'esprit acquiert plus de lumières, le cœur acquiert plus de sensibilité ?.

En tout cas, c’est un fait que « la passion et la raison ne se contredisent pas toujours ; l’une commande quelquefois ce que l’autre approuve » *. Diderot regarde donc comme souhaitable une collaboration de ces deux parties de notre être, la « tête » et le « cœur », qu’il est d’ailleurs bien difficile de séparer autrement que par abstraction. Car si, d’une part, «la raison sans les passions serait presque un roi sans sujets » 4, d'autre part on voit trop quelle existence déplorable serait celle d'un homme abandonné au hasard de ses mouvements passionnels : «la passion ne voit pas plus loin que son nez »; or « la folie consiste à préférer l'intérêt d’un moment au bonheur de sa vie » 5. Il faut donc tâcher à réaliser l’équilibre entre ces deux facultés : si l'équilibre est rompu, l'individu en pâtit. Le Neveu de Rameau parle de laisser pousser son « petit sauvage » de fils « sans lui parler de rien » ; mais Diderot de répliquer : |

Si le petit sauvage était abandonné à lui-même, qu'il conservât toute son imbécilité et qu'il réunît, au peu de raison de l'enfant au berceau, la violence des passions de l’homme de trente ans, il tordrait

le col à son père et coucherait avec sa mère 6.

1. Enc., art. Philosophie, XVI, 278 ; cf. art. Législation, XV,-436: et à Mile Volland, 17 nov. 1759, XVIII, 428.

2, Enc artihaible XVe)

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