Plan d'une université, III
ARCS CPPDAITS
d’étoffe pour être bon ; cn ne pêche que parce que les lumières sont moins fortes que les passions, et c’est une maxime de théologie vraie en un certain sens, que tout pécheur est ignorant 1.
Cependant une objection ne s’offre-t-elle pas aussitôt à l'esprit :
Mais, me dira-t-on, l'expérience est contraire à votre opinion, et nous voyons que les personnes les plus éclairées sont souvent les plus vicieuses. Je réponds que ces personnes sont en effet (— en réalité) très ignorantes sur leur bonheur ?.
Donc « nous ne sommes criminels que parce que nous jugeons mal » % : faisons l'éducation de notre jugement, perfectionnons notre raison, nous jugerons et agirons bien.
Vraie de l'individu, cette proposition est vraie de l'espèce. Diderot est convaincu que le progrès des lumières doit entraîner à sa suite un progrès moral, l’un et l’autre étant indissolublement liés : ;
Les lumières sont un bien dont on peut abuser, sans doute ; l’igno-
rance et la stupidité, compagnes de l'injustice, de l'erreur et de la superstition, sont toujours des maux #.
Il combat l’idée absurde « que les lumières nuisent au bonheur d’une nation » 5 et se félicite d’appartenir à une époque où elles commencent de pénétrer partout :
Maudit soit l’impertinent qui ne s'aperçoit pas qu'en aucun temps les lumières ne furent aussi populaires, et que cette popularité ne peut nous acheminer qu’à quelque chose d’utile !
Cette idée est d’ailleurs liée chez lui à sa conviction, fréquemment exprimée 6, que «la vérité est toujours utile et le mensonge toujours nuisible », que utilité et vérité ne sont pour ainsi dire
. Enc., art. Philosophie, XVI, 277.
Introd. aux grands princ., II, 88 note.
Ibid.
. À Mie Volland, 22 sept. 1761, XIX, 51-2.
. Diderot et Cath. IT, p. 296.
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